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Domaine de la Tour de Rance à Bourran dans le Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne

Domaine de la Tour de Rance

    131 La Tour de Rance
    47320 Bourran
Crédit photo : Julien de Marchi - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1574
Aliénation du domaine
1660
Changement de propriétaire
XVIIe siècle
Reconstruction du logis
1945
Acquisition par l'INRA
31 décembre 1993
Classement du pigeonnier
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Pigeonnier (cad. B1 253) : inscription par arrêté du 31 décembre 1993

Personnages clés

Guillaume de Ranse - Écuyer et seigneur de Plaisance Premier propriétaire laïc après 1574.
Henri d'Angoulême - Abbé commendataire de Clairac Aliéna le domaine en 1574.
Henri de Navarre (futur Henri IV) - Roi de France Guillaume de Ranse fut son secrétaire.
Famille de Gripières - Propriétaires (1660-1830) Reconstruisirent probablement le logis.

Origine et histoire

Le domaine de la Tour de Rance, situé à Bourran en Lot-et-Garonne, était à l'origine une propriété dépendant du temporel de l'abbaye de Clairac. Il fut aliéné en 1574 par Henri d'Angoulême, abbé commendataire, et acquis par Guillaume de Ranse, écuyer et secrétaire d'Henri de Navarre, futur Henri IV. Guillaume de Ranse, seigneur de Plaisance, occupait également les fonctions de conseiller du roi, contrôleur général des domaines de Navarre et d'Albret, et auditeur à la chambre des comptes de Nérac. Ce personnage marqua l'histoire du domaine en le transformant en une résidence seigneurale.

En 1660, le domaine passa entre les mains de la famille de Gripières, qui le conserva jusqu'en 1830. C'est probablement sous leur égide, au XVIIe siècle, que le logis fut reconstruit. Ce dernier se distingue par un corps de pavillon central abritant un escalier rampe sur rampe à deux volées, doté d'une charpente remarquable à enrayures avec goussets cintrés. Le pigeonnier, contemporain de cette reconstruction, partage les mêmes caractéristiques architecturales, notamment une charpente similaire et un plan hexagonal reposant sur six colonnes. Ces éléments reflètent l'importance symbolique et pratique des pigeonniers dans les domaines seigneuriaux de l'époque.

Le pigeonnier, inscrit au titre des monuments historiques en 1993, se distingue par sa structure en brique et enduit, son toit polygonal couvert de tuiles creuses, et ses « capels » protégeant les ouvertures. Le logis, quant à lui, a subi des remaniements intérieurs aux XIXe et XXe siècles, tandis que les dépendances agricoles furent modifiées après l'acquisition du domaine par l'INRA en 1945. Ces transformations illustrent l'évolution des usages de ce site, passant d'une résidence aristocratique à un domaine agricole moderne.

L'architecture du domaine, notamment l'escalier du logis et la charpente du pigeonnier, témoigne des savoir-faire de l'époque moderne. Les matériaux utilisés, comme la brique et les moellons enduits, ainsi que les tuiles creuses, sont caractéristiques des constructions rurales et seigneuriales du Sud-Ouest de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le domaine incarne ainsi à la fois l'héritage médiéval lié à l'abbaye de Clairac et les évolutions architecturales des temps modernes, marquées par l'influence des familles nobles locales.

Liens externes