Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment du château y compris les ailes en retour y attenant et les communs Sud ; pigeonnier ; bâtiment des communs Nord symétrique au bâtiment des communs Sud (cad. D 26, 29p) : classement par arrêté du 23 octobre 1964 ; Sols et plantations des jardins, de la cour d'honneur, de l'avant-cour et du potager, y compris les murs, la grille, le saut-de-loup, les statues ; sols de la cour et mare ; façades et toitures de la maison du fermier, de la bergerie et de la charretterie ; grange et bâtiment du pressoir, y compris le tour à piler (cad. D 23 à 26, 28, 30, 203 à 206) : inscription par arrêté du 22 avril 1991
Personnages clés
Famille Le Sens de Folleville - Propriétaires et commanditaires
Constructeurs du domaine aux XVIe et XVIIIe.
Isaac Le Sens - Seigneur local
Armoiries sur le colombier (début XVIe).
Origine et histoire
Le château de Launay, édifié vers 1735 à Saint-Georges-du-Vièvre dans l’Eure, est un exemple emblématique de l’architecture Louis XV. Il remplace un ensemble seigneurial plus ancien, dont subsistent des dépendances comme un colombier en pan de bois datant du début du XVIe siècle, orné des armes de la famille Le Sens de Folleville. Ce colombier, démonté et restauré à Caen vers 1940, témoigne de l’importance symbolique des constructions seigneuriales dans le Lieuvin, une région marquée par une aristocratie terrienne influente.
La reconstruction du logis principal au XVIIIe siècle s’inscrit dans une campagne de modernisation menée par la famille Le Sens de Folleville, déjà propriétaire des lieux depuis le XVIe siècle. Les ailes basses reliant le corps central aux pavillons, ajoutées au milieu du XVIIIe siècle, achèvent de structurer l’ensemble architectural. L’une d’elles, au nord, ne sera finalement terminée qu’au XXe siècle, reflétant les adaptations successives du domaine aux besoins de ses occupants.
Classé Monument Historique en 1964 pour ses bâtiments principaux (château, pigeonnier, communs) et inscrit en 1991 pour ses jardins, murs et dépendances agricoles, le domaine illustre l’évolution des pratiques seigneuriales puis bourgeoises en Normandie. Les jardins à la française, aménagés après la Seconde Guerre mondiale, et le site naturel classé depuis 1964 soulignent la volonté de préserver un cadre paysager cohérent avec l’histoire du lieu.
Les éléments protégés incluent aussi des infrastructures agricoles (pressoir, grange, bergerie), révélatrices de l’organisation économique du domaine. La charretterie et son tour à piler, outils typiques des exploitations normandes, rappellent le rôle central de ces ensembles dans la production locale. Aujourd’hui propriété privée, le domaine conserve ainsi la trace d’un système social et économique disparus, où se mêlaient pouvoir seigneurial, exploitation terrienne et vie communautaire.
L’ensemble architectural, combinant calcaire, brique et pierre de taille, reflète les matériaux traditionnels de la région, tandis que les toits en ardoise ou en tuile plate témoignent des savoir-faire locaux. Le colombier, symbole de privilège seigneurial, et les communs en pan de bois rappellent les hiérarchies sociales de l’Ancien Régime, où chaque élément du domaine avait une fonction précise dans l’organisation du pouvoir et de la production.
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