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Domaine de Margarance à Saint-Louis-de-Montferrand en Gironde

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Domaine

Domaine de Margarance à Saint-Louis-de-Montferrand

    168-170 Avenue de la Garonne
    33440 Saint-Louis-de-Montferrand
Domaine de Margarance à Saint-Louis-de-Montferrand
Domaine de Margarance à Saint-Louis-de-Montferrand
Domaine de Margarance à Saint-Louis-de-Montferrand

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1760 (vers)
Plan des Marais
1762
Date gravée sur dépendances
12 mai 1966
Classement Monument Historique
XXe siècle (2e quart)
Construction du pavillon mauresque
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Famille Gradis - Propriétaires négociants bordelais Possédait le domaine jusqu’à récemment.

Origine et histoire

Le domaine de Margarance, situé à Saint-Louis-de-Montferrand en Gironde, est une maison de campagne construite au XVIIIe siècle, comme en témoignent les dates gravées (1762) sur certaines dépendances. Le logis principal, perpendiculaire à la Garonne, se compose d’un étage carré et d’un étage de comble, prolongé par des dépendances incluant un chai, des logements et un puits dans une cour centrale. L’architecture combine moellons, tuiles creuses et éléments décoratifs comme des bossages, des cordons et des oculus. À l’intérieur, trois pièces par étage, ornées de lambris et de cheminées, sont desservies par un escalier en pierre. Un pavillon de style mauresque, orné de faïences colorées, et un embarcadère bordé d’une allée de platanes complètent l’ensemble, reflétant l’influence des négociants bordelais, dont la famille Gradis, propriétaire des lieux jusqu’à une époque récente.

Les plans anciens, comme ceux des Marais (vers 1760) et de Belleyme (1762-1783), révèlent une organisation initiale en trois ensembles : le logis et ses dépendances proches de la route, des bâtiments isolés au sud, et deux embarcadères le long de la Garonne. Bien que partiellement remaniés aux XIXe et XXe siècles, ces aménagements, incluant canaux d’irrigation et jardins, illustrent l’adaptation du domaine aux activités viticoles et fluviales locales. Les vestiges d’un bassin alimenté par un puits artésien et les transformations successives (démolition d’un bâtiment du XVIIIe siècle, construction du pavillon mauresque au XXe siècle) témoignent de son évolution, tout en conservant des éléments classiques du XVIIIe siècle, comme la grille en ferronnerie ou les façades à pilastres.

Le domaine, classé Monument Historique en 1966 pour ses façades et toitures, incarne l’héritage architectural et agricole de la région. Les matériaux (moellons, tuiles creuses) et les aménagements hydriques (canaux, vannes) soulignent son lien avec la Garonne et les pratiques viticoles historiques. La persistance de la propriété au sein de la famille Gradis, négociants bordelais, renforce son ancrage dans l’histoire économique locale, entre commerce fluvial et exploitation des terres environnantes.

Le logis principal, daté du milieu du XVIIIe siècle, se distingue par son décor intérieur préservé (lambris, cheminées) et sa distribution en enfilade, typique des demeures bourgeoises de l’époque. L’escalier droit en pierre, avec sa rampe en bois tourné, et les oculus éclairant le grenier, reflètent un souci d’élégance et de fonctionnalité. À l’extérieur, la façade sur jardin, plus ouvragée que celle sur rue, met en valeur des pilastres et des fenêtres moulurées, tandis que la façade antérieure simule des baies pour un effet esthétique. Ces détails architecturaux, combinés aux dépendances datées de 1762, confirment une construction homogène lors de cette période, malgré des remaniements ultérieurs.

Les dépendances du domaine, bien que partiellement détruites ou modifiées, révèlent une stratification historique. Certaines structures, comme le deuxième bâtiment, intègrent des éléments du XVIIe siècle, fortement transformés à la fin du XIXe siècle. Le troisième ensemble, incluant un long bâtiment du XVIIIe siècle aujourd’hui disparu, illustre les adaptations successives du domaine aux besoins agricoles et résidentiels. La démolition récente de ce bâtiment et la construction du pavillon mauresque au XXe siècle marquent les dernières évolutions du site, tout en conservant des traces des aménagements d’origine, comme les canaux ou l’allée d’ormeaux centenaires menant à l’embarcadère.

Le classement du domaine en 1966 protège ses façades et toitures, soulignant sa valeur patrimoniale. Les éléments préservés, comme la grille en ferronnerie, les piliers à pilastres plats, ou les carreaux de faïence du pavillon mauresque, offrent un aperçu des influences stylistiques variées, du classicisme bordelais à l’exotisme du XXe siècle. L’ensemble, bien que marqué par des pertes (bassin du jardin, parties des dépendances), reste un témoignage rare de l’architecture rurale et bourgeoise de la région, lié à l’histoire des familles marchandes comme les Gradis, acteurs majeurs du commerce bordelais aux XVIIIe et XIXe siècles.

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