Frise chronologique
1494
Acquisition du repaire Saint-Pierre
Acquisition du repaire Saint-Pierre
1494 (≈ 1494)
Robert de Balsac achète le domaine médiéval.
1523
Mort de Robert de Montal
Mort de Robert de Montal
1523 (≈ 1523)
Fils aîné de Jeanne, décédé en Italie.
1519–1534
Construction du château Renaissance
Construction du château Renaissance
1519–1534 (≈ 1527)
Jeanne de Balsac transforme l’édifice médiéval.
1793
Vente avortée pendant la Révolution
Vente avortée pendant la Révolution
1793 (≈ 1793)
Château transformé en auberge.
1880
Démantèlement des décors
Démantèlement des décors
1880 (≈ 1880)
Vente aux enchères des sculptures.
1908–1913
Restauration par Maurice Fenaille
Restauration par Maurice Fenaille
1908–1913 (≈ 1911)
Reconstitution des éléments dispersés.
1913
Donation à l’État français
Donation à l’État français
1913 (≈ 1913)
Classement comme monument historique en 1909.
1943–1945
Cache de la Joconde
Cache de la Joconde
1943–1945 (≈ 1944)
Tableau abrité pendant la Seconde Guerre mondiale.
2006
Gestion par le Centre des monuments nationaux
Gestion par le Centre des monuments nationaux
2006 (≈ 2006)
Ouverture permanente au public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Voir commune de : Saint-Jean-Lespinasse
Personnages clés
| Jeanne de Balsac d'Entraygues - Commanditaire du château |
Transforme le domaine en style Renaissance (1519–1534). |
| Robert de Balsac - Père de Jeanne, seigneur d'Entragues |
Acquiert le repaire en 1494, chambellan de Louis XI. |
| Amaury II de Montal - Époux de Jeanne |
Décédé en 1510, donne son nom au château. |
| Robert de Montal - Fils aîné de Jeanne |
Mort en 1523 en Italie, inspiré la devise *« Plus d’espoir »*. |
| Maurice Fenaille - Mécène et restaurateur |
Rachète et reconstitue le château (1908–1913). |
| Antoine de Plas de Tanes - Propriétaire avant la Révolution |
Député de la noblesse, perd le domaine en 1793. |
Origine et histoire
Le château de Montal, situé dans la vallée de la Bave à Saint-Jean-Lespinasse (Lot, Occitanie), est un exemple emblématique de l’architecture de la première Renaissance française. Construit entre 1519 et 1534 par Jeanne de Balsac d'Entraygues, veuve d’Amaury II de Montal, il transforme une demeure médiévale préexistante en un édifice moderne, marqué par un escalier droit rampe sur rampe inspiré d’Italie, remplaçant l’escalier à vis médiéval. Les façades extérieures, sobres et dépourvues de fonction défensive, contrastent avec la cour intérieure richement décorée, reflétant l’évolution des goûts aristocratiques au début du XVIe siècle.
La décoration sculptée du château est exceptionnelle, avec une frise mythologique (Hermès, Hercule, Mars) et des bustes en haut-relief représentant Jeanne de Balsac, sa famille, et des vertus cardinales. Ces éléments honorent à la fois les vivants et les morts, dont son fils aîné Robert, décédé en 1523 lors des guerres d’Italie. La devise « Plus d’espoir », gravée sur le fronton, symbolise les deuils successifs de Jeanne. Le château passe ensuite entre les mains de familles nobles, comme les Plas de Tanes, avant de subir un démantèlement partiel en 1880, lorsque ses décors sont vendus aux enchères à Paris.
Sauvé de la destruction grâce à l’intervention de Maurice Fenaille, industriel et mécène, le château est restauré entre 1908 et 1913. Fenaille rachète ou fait copier les éléments dispersés (bustes, lucarnes, cheminées), dont certains étaient acquis par le Louvre ou des musées étrangers. Il offre ensuite le domaine à l’État français en 1913, sous réserve d’usufruit pour sa famille. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Montal abrite temporairement la Joconde (1943–1945) et les enfants du roi Léopold III de Belgique en exil (1940). Depuis 2006, il est géré par le Centre des monuments nationaux et classé monument historique depuis 1909.
Le château illustre aussi les bouleversements politiques de son époque : confisqué pendant la Révolution, transformé en auberge, puis restitué à ses propriétaires avant d’être vendu à des marchands de biens au XIXe siècle. Son escalier, chef-d’œuvre de stéréotomie, échappe de justesse à la destruction en 1880, évitant l’effondrement total de l’édifice. La restauration de Fenaille, bien que partielle, permet de reconstituer une grande partie des décors originaux, faisant de Montal un témoin majeur de la Renaissance en Quercy, aux côtés d’Assier ou de Cénevières.
L’iconographie de Montal mêle influences antiques (figures mythologiques) et symboles personnels (blasons, initiales de Jeanne et de ses fils). Les faux mâchicoulis et les larges fenêtres soulignent la transition entre Moyen Âge et Renaissance, tandis que les toits en poivrières et les ardoises rappellent les modes architecturales du XVIe siècle. Aujourd’hui, le château attire pour son escalier monumental, ses sculptures retrouvées, et son histoire mouvementée, liée à la fois à l’art, à la guerre et à la préservation du patrimoine.