Frise chronologique
1213–1237
Construction du premier manoir
Construction du premier manoir
1213–1237 (≈ 1225)
Pierre de Dreux lance les travaux.
1286–1305
Travaux de Jean II
Travaux de Jean II
1286–1305 (≈ 1296)
Tour de l'Épervier et renforcement.
1341–1365
Guerre de Succession
Guerre de Succession
1341–1365 (≈ 1353)
Conflit entre Blois et Montfort.
1491
Prise par les Français
Prise par les Français
1491 (≈ 1491)
Destructions lors de l'invasion.
1505
Visite d'Anne de Bretagne
Visite d'Anne de Bretagne
1505 (≈ 1505)
Réparations pour son séjour.
1798
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1798 (≈ 1798)
Dégradation accélérée après la Révolution.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste de Mérimée.
1965
Rachat par le Morbihan
Rachat par le Morbihan
1965 (≈ 1965)
Début des restaurations modernes.
2013
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
2013 (≈ 2013)
Découverte du logis nord.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Pierre de Dreux (Pierre Mauclerc) - Duc de Bretagne (1213–1237) |
Commanditaire du premier manoir. |
| Jean Ier le Roux - Duc de Bretagne (1237–1286) |
Agrandit la courtine nord. |
| Jean II - Duc de Bretagne (1286–1305) |
Construisit la tour de l'Épervier. |
| Jean IV de Montfort - Duc de Bretagne (1364–1399) |
Renforce les défenses et jardins. |
| Anne de Bretagne - Duchesse et reine de France |
Restaure le château en 1505. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des monuments historiques |
Classe le château en 1840. |
| Diane de Poitiers - Favorite royale, propriétaire |
Reçoit le château en 1543. |
| Raymond Marcellin - Président du Conseil départemental |
Initiateur du rachat en 1965. |
Origine et histoire
Le château de Suscinio, construit à la fin du Moyen Âge sur la presqu'île de Rhuys, fut la résidence des ducs de Bretagne. Il est mentionné pour la première fois en 1218 dans une lettre de Pierre de Dreux, duc de Bretagne, qui en entreprit la construction entre 1213 et 1237. Ce premier manoir, probablement un relais de chasse, fut agrandi par son fils Jean Ier, qui y ajoutait une grande courtine nord et une tour quadrangulaire. Le site, à la fois défensif et résidentiel, abritait aussi le trésor ducal et des archives, tout en servant de lieu de plaisance entouré de bois et de parcs.
Au XIVe siècle, sous la dynastie des Montfort, le château fut renforcé et embelli, notamment par les ducs Jean IV et Jean V. Ces travaux ajoutèrent des jardins, un grand logis à l’est, et des tours monumentales encadrant l’entrée. Malgré son rôle limité durant la guerre de Succession de Bretagne, Suscinio devint un symbole du pouvoir ducal, alliant défense et luxe. À la fin du XVe siècle, son apparence était proche de celle visible aujourd’hui, avec une forme polygonale et des douves profondes.
Après la disparition des ducs de Bretagne, le château changea plusieurs fois de mains : donné au Prince d’Orange, repris par Anne de Bretagne, puis cédé à Diane de Poitiers avant d’être racheté par la couronne française. Au XVIe siècle, il fut transformé en capitainerie et subit des dégâts lors des conflits religieux. La gestion hasardeuse des gouverneurs successifs, combinée à des tempêtes et à l’appauvrissement local, accéléra sa dégradation. Vendue comme bien national en 1798, la ruine fut partiellement sauvée par des propriétaires privés avant son rachat en 1965 par le Conseil départemental du Morbihan.
Classé monument historique dès 1840 grâce à Prosper Mérimée, Suscinio fit l’objet de campagnes de restauration majeures à partir des années 1960. Les fouilles archéologiques, notamment celles de 2013, révélèrent des éléments clés comme les cuisines du logis nord ou les pavements de la chapelle Saint-Nicolas, disparue au XIVe siècle. Aujourd’hui, le château, entouré de douves et flanqué de sept tours, offre un témoignage exceptionnel de l’architecture ducale bretonne, mêlant fonctions militaires et résidentielles.
La chapelle Saint-Nicolas, extérieure à l’enceinte, illustre le faste des ducs de Dreux. Son pavement alphabétique, découvert en 1975, reste un mystère archéologique. Les bastions ajoutés au XVIe siècle, sous l’influence des conflits avec l’Angleterre et l’Espagne, marquèrent une adaptation défensive tardive. Malgré les destructions révolutionnaires, les restaurations modernes ont redonné au château une apparence proche de son apogée médiéval.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site officiel ci-dessus