Origine et histoire
Le domaine de Vert-Mont, initialement nommé « domaine des Fossés », est créé entre 1855 et 1858 par Gustave d'Eichthal (1804-1886), helléniste et ethnologue, à partir de terres détachées du domaine de Bois-Préau. Une première demeure, construite vers 1858, est endommagée par un incendie en 1870. Le site conserve une terrasse de l’époque consulaire, conçue par Louis-Martin Berthault pour l’impératrice Joséphine.
En 1898, le financier américain Edward Tuck (1842-1938) acquiert le domaine et le rebaptise Vert-Mont. Il fait reconstruire le château actuel, de style néo-Louis XVI, entre 1900 et 1910, ajoutant un jardin d’hiver et une salle de bains décorée de faïences vénitiennes. Le parc, redessiné par Tuck, inclut des écuries, une orangerie et une usine électrique, aujourd’hui transformée en pavillon de gardien.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le domaine est occupé successivement par les Allemands, les Américains et les Britanniques, subissant des dégradations estimées à 72 % par ces derniers. En 1954, il est vendu à une société civile immobilière, puis cédé en 1990 à la Fondation Tuck, liée à l’IFP Energies nouvelles, pour promouvoir la coopération franco-américaine dans les domaines scientifiques.
Le parc du domaine est inscrit aux monuments historiques depuis 1994 et labellisé « patrimoine du XXe siècle ». Le château, partiellement restauré, abrite aujourd’hui des activités liées à la recherche et à l’enseignement, conformément aux volontés d’Edward Tuck.
La Fondation Tuck, reconnue d’utilité publique, soutient des projets éducatifs et scientifiques, notamment dans les hydrocarbures et l’environnement. Elle est administrée par un conseil de douze membres, incluant des représentants de l’IFP Energies nouvelles et des ministères français.
Le domaine, réduit à 6 hectares, reste un témoignage architectural et historique du début du XXe siècle, mêlant héritage impérial et influence américaine, au cœur de Rueil-Malmaison, à proximité des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau.