Patrimoine classé
Façades et toitures du château et des quatre pavillons ; escalier intérieur du château (cad. E 157, 159, 160, 162, 461) : inscription par arrêté du 29 mars 1972 - Parties suivantes avec leurs structures maçonnées : verger, cour d'honneur, potager, terrasse et grand jardin, grande allée, bois de haute futaie et fontaine (cad. E 156, 158, 464, 161, 163, 169, 595, 596, 639) : inscription par arrêté du 22 octobre 1997
Personnages clés
| Famille de Lantivy - Commanditaires initiaux |
Propriétaires et bâtisseurs au XVIIe siècle |
| Florimonde de Lantivy de Coscro - Dernière héritière Lantivy |
Vend le domaine en 1749 |
| Innocente Catherine de Rougé - Duchesse d'Elbeuf |
Fille de Florimonde, vend le Coscro |
| Famille Mauduit de Kerven - Acquéreurs en 1749 |
Propriétaires après les Rougé |
| Dupont de Villeneuve - Reconstitueurs du domaine |
Rachat en 1890 des parties manquantes |
| Sylvie et Daniel Piquet - Propriétaires restaurateurs |
Campagnes depuis 1984 et reconstitution des jardins |
Origine et histoire
Le château du Coscro, aussi appelé château du Crosco ou du Coscrau, est un édifice de style classique construit dans la 2e moitié du XVIIe siècle (vers 1630-1640, puis remanié entre 1660 et 1680) pour la famille de Lantivy, une lignée de parlementaires bretons. Il remplace un manoir antérieur des XVe-XVIe siècles et s’inscrit dans un domaine organisé selon les canons de l’époque : symétrie des façades, jardin en terrasse, et allées créant des perspectives sur le paysage bocager. Le site, établi en surplomb de la rivière Scorff, à 2,9 km au sud-ouest du bourg de Lignol, illustre l’architecture sobre mais monumentale prisée par l’aristocratie provinciale.
Le domaine change plusieurs fois de mains par alliances ou ventes : passé des Lantivy aux Rougé au XVIIIe siècle, il est acquis en 1749 par la famille Mauduit de Kerven, avant de devenir un bien national pendant la Révolution. Partiellement vendu en 1793 à un certain M. Le Page, il est reconstitué en 1890 par les Dupont de Villeneuve, puis transformé en exploitation agricole après la Seconde Guerre mondiale. En 1984, la famille Piquet entreprend une restauration majeure, incluant la reconstitution du jardin à la française (inspiré des Tuileries) à partir de fouilles archéologiques menées en 2002-2003.
L’architecture du château, attribuée à des influences proches de François Mansart (via ses collaborateurs comme Pierre Hureau), se distingue par un avant-corps central surmonté d’un toit à l’impériale, un escalier de pierre à balustres, et des pavillons encadrant la cour d’honneur. Les dépendances, contemporaines du corps principal, comprennent des écuries, une orangerie, un verger, et un potager, le tout organisé selon un plan géométrique rigoureux. Le parc de 16 hectares, dont 8 boisés, met en valeur des terrassements imposants et des perspectives axiales, caractéristiques des jardins classiques.
Classé partiellement aux monuments historiques (façades, toitures et escalier en 1972 ; jardins, allées et fontaine en 1997), le Coscro incarne aujourd’hui un patrimoine préservé, alliant histoire aristocratique, architecture classique et paysages restaurés. Les propriétaires actuels, Sylvie et Daniel Piquet, ont notamment redonné vie aux jardins et transformé certaines dépendances en gîtes, perpétuant ainsi la vocation résidentielle et touristique du domaine.