Origine et histoire
Le domaine du Génitoy, aussi appelé château du Genitoy ou du Genitois, est un édifice des XVIIe et XVIIIe siècles situé à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne. À l’origine, il appartenait à Christophe de Thou, président du Parlement de Paris au XVIe siècle, qui le fit probablement reconstruire. Le château, composé d’un corps de logis flanqué de deux pavillons, mesurait près de 60 mètres de façade. Ses communs en forme de U, son grand parterre et son potager en faisaient un domaine remarquable, fréquenté par des figures comme Mme de Montespan, qui y accoucha en 1672 d’un enfant de Louis XIV.
Au XVIIe siècle, le domaine passe entre les mains de familles influentes : Guillaume de Bordeaux, intendant des Finances, l’acquiert en 1630, puis Jacques Sanguin, conseiller du Roi et capitaine des chasses, en hérite par mariage en 1660. Ce dernier y reçoit discrètement la favorite royale, Mme de Montespan, accompagnée de Mme de Maintenon. Le domaine reste dans la famille Sanguin de Livry jusqu’en 1787, période durant laquelle il évolue d’une résidence aristocratique vers une exploitation agricole, comme en témoigne le plan Trudaine du XVIIIe siècle.
Au XIXe siècle, le domaine devient une propriété de rapport, achetée par Joseph Fouché en 1802, qui y construit de nouvelles écuries. Plus tard, il passe aux Rothschild avant de tomber en ruines au XXe siècle. Aujourd’hui, le site, partiellement protégé depuis 1996 pour ses façades, ses écuries et son pigeonnier-porche, est menacé par un projet immobilier qui risque de défigurer son emprise historique.
Les vestiges actuels, photographiés en 2020, montrent des bâtiments désaffectés, bien que certains éléments comme les écuries en U et le pigeonnier-porche subsistent. Le domaine illustre ainsi les transformations d’une résidence seigneuriale en exploitation agricole, puis en ruines, reflétant les bouleversements sociaux et économiques de l’Île-de-France depuis le XVIIe siècle.
Le château du Génitoy est un témoignage architectural des fastes de l’Ancien Régime, marqué par des propriétaires prestigieux et des événements discrets mais significatifs, comme la naissance d’un enfant royal illégitime. Son déclin au XXe siècle et les projets contemporains soulèvent des questions sur la préservation du patrimoine face à l’urbanisation croissante de la région parisienne.