Origine et histoire
Le sanctuaire de Lourdes est un lieu de pèlerinage marial catholique né des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous en 1858. Ces apparitions, reconnues par l'Église en 1862, ont conduit à la construction d'un domaine de 52 hectares incluant la grotte de Massabielle, trois basiliques (Immaculée-Conception, Rosaire, Saint-Pie-X), des chapelles, et des espaces dédiés aux processions et aux malades. La grotte, cœur du sanctuaire, abrite une source d'eau réputée pour ses guérisons miraculeuses, attirant des millions de fidèles depuis le XIXe siècle.
La première basilique, l'Immaculée-Conception (1866-1871), fut édifiée sur les plans d'Hippolyte Durand pour répondre à la demande de la Vierge transmise par Bernadette : « Allez dire aux prêtres que l'on bâtisse ici une chapelle ». L'affluence croissante des pèlerins nécessita la construction de la basilique du Rosaire (1883-1889), puis de la basilique souterraine Saint-Pie-X (1956-1958), conçue par Pierre Vago et Eugène Freyssinet pour accueillir 20 000 fidèles. Le domaine, géré par le diocèse de Tarbes, s'organise autour d'axes processifs et d'espaces comme l'esplanade du Rosaire, capable d'accueillir 40 000 personnes.
Le sanctuaire a connu des évolutions majeures, comme le recul du gave de Pau en 1858 pour faciliter l'accès à la grotte, ou les aménagements récents (2014-2018) suite aux inondations. Les pèlerinages, initialement organisés par trains spéciaux dès 1866, se diversifient aujourd'hui avec des arrivées par avion ou car. Lourdes, deuxième ville hôtelière de France, accueille annuellement 3,5 millions de visiteurs, dont une majorité de pèlerins individuels. Le Bureau des constatations médicales, créé en 1884, a reconnu 70 guérisons miraculeuses à ce jour.
L'Hospitalité Notre-Dame de Lourdes, fondée en 1885, joue un rôle clé dans l'accueil des malades et handicapés, avec 20 000 à 30 000 bénévoles originaires de 60 pays. Les apparitions, déclarées « surnaturelles et divines » par Mgr Laurence en 1862, ont transformé Lourdes en un symbole de dévotion mariale, marqué par des rites comme le « geste de l'eau » ou les processions aux flambeaux. Le sanctuaire reste un lieu de spiritualité et de rassemblement, malgré les défis modernes comme la baisse des pèlerinages organisés.
Le domaine comprend aussi des lieux symboliques comme le Calvaire des Bretons (1900), offert par les diocèses bretonnes, ou les crèches d'Emilio Burri (2019), illustrant des scènes liées à Bernadette. Les infrastructures d'accueil, comme l'Accueil Notre-Dame (904 lits) ou le Village des jeunes, complètent ce site classé Monument Historique depuis 1995, où se côtoient patrimoine architectural, mémoire collective et pratique religieuse contemporaine.