Origine et histoire du Donjon
Le donjon de Bassoues, situé dans le Gers en région Occitanie, est un monument emblématique du XIVe siècle. Construit vers 1370 sous l'impulsion d'Arnaud Aubert, neveu du pape Innocent VI et archevêque d'Auch, il culmine à 43 mètres de hauteur. Ses comptes de construction, conservés aux Archives du Vatican, révèlent les noms des maîtres d'œuvre : le tailleur de pierre Pierre Joc et le charpentier Étienne de Pradères. Ce donjon massif, doté de contreforts et de mâchicoulis, symbolise la puissance des archevêques d'Auch.
Le donjon s'inscrit dans un ensemble castral plus large, incluant un château dont les vestiges datent des XVIe et XVIIe siècles. Arnaud Aubert avait ordonné que le château ancien soit intégré aux nouvelles constructions, mais ses successeurs, comme l'archevêque Henri de La Mothe-Houdancourt (1666-1684), ont modifié l'édifice. Ce dernier y ajouta un corps de bâtiment entre deux tours, tempérant l'aspect austère du donjon. Le site, classé monument historique dès 1840, témoigne de l'histoire mouvementée de la Gascogne, entre conflits religieux et pouvoir épiscopal.
Bassoues, fondée au XIe siècle comme castrum avant de devenir une bastide au XIIIe siècle, doit son essor à la légende de saint Fris, neveu de Charles Martel. Selon la tradition, ce dernier, après avoir vaincu les Sarrasins près du village, y mourut d'une flèche empoisonnée. Ses reliques, redécouvertes au Xe siècle, attirèrent des pèlerins sur la via Tolosane vers Saint-Jacques-de-Compostelle. La basilique Saint-Fris, édifiée en son honneur, et le donjon voisin illustrent ce passé à la fois militaire et spirituel.
Le village, ceint de remparts au XIVe siècle, conserve également une halle médiévale et une église gothique, reflets de son âge d'or. Les archives mentionnent des coutumes accordées aux habitants en 1295 par un archevêque, soulignant son rôle économique et stratégique. Aujourd'hui, le donjon, avec ses cinq niveaux et son architecture défensive, reste le symbole d'une époque où Bassoues était un carrefour entre pouvoir religieux, commerce et pèlerinage.