Frise chronologique
1243
Construction initiale légendaire
Construction initiale légendaire
1243 (≈ 1243)
Attribuée à Sigebaud, compagnon de Saint-Louis.
25 décembre 1390
Dégâts causés par un ouragan
Dégâts causés par un ouragan
25 décembre 1390 (≈ 1390)
Château endommagé selon la tradition.
vers 1430
Restauration par les Bohan
Restauration par les Bohan
vers 1430 (≈ 1430)
Famille conserve le château deux siècles.
1498
Mariage Gobert de Bohan et Isabeau de Ligneville
Mariage Gobert de Bohan et Isabeau de Ligneville
1498 (≈ 1498)
Armes visibles sur la cheminée.
XVIIe siècle
Propriété du maréchal de Schulemberg
Propriété du maréchal de Schulemberg
XVIIe siècle (≈ 1750)
Transmis ensuite à Marie d'Estoquoy.
1828
Vente à la famille Guilly
Vente à la famille Guilly
1828 (≈ 1828)
Début des changements de propriétaires.
XVIIIe siècle
Incendie destructeur
Incendie destructeur
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Partie des bâtiments détruite.
1984
Restauration par M. Fabrega
Restauration par M. Fabrega
1984 (≈ 1984)
Travaux de préservation du monument.
9 juin 1987
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
9 juin 1987 (≈ 1987)
Protection officielle du donjon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon de Day (cad. A 325) : inscription par arrêté du 9 juin 1987
Personnages clés
| Sigebaud - Seigneur de Day (légendaire) |
Constructeur présumé en 1243, compagnon de Saint-Louis. |
| Gobert de Bohan - Seigneur et restaurateur |
Époux d’Isabeau de Ligneville en 1498. |
| Isabeau de Ligneville - Épouse de Gobert de Bohan |
Armes visibles sur la cheminée. |
| Maréchal de Schulemberg - Propriétaire au XVIIe siècle |
Transmet le château à Marie d'Estoquoy. |
| François de Wignacourt - Seigneur de Montgon |
A assassiné son épouse Nicole en 1579. |
| Camille Gilles - Médecin et propriétaire |
Fils de Louis Gilles, médecin de Rosa Bonheur. |
Origine et histoire
Le donjon de Day, situé dans le hameau de Day à Neuville-Day (Ardennes, Grand Est), est un vestige médiéval atypique avec son architecture de donjon sur motte, daté principalement du XVIe siècle. Il se distingue par sa tour principale flanquée d’une tourelle abritant un escalier à vis, et un bâtiment accolé doté d’un toit à la Mansart. Les tours, coiffées de toitures-cloches, abritent trois étages : une salle basse au rez-de-chaussée, une salle des gardes voûtée d’ogives au premier étage (ornée d’une cheminée aux armes des Bohan-Ligneville), et une salle supérieure sous charpente. Des canonnières et meurtrières percent ses murs, témoignages de sa vocation défensive.
La tradition attribue sa construction initiale à Sigebaud, seigneur de Day et compagnon d’armes de Saint-Louis lors de la première croisade (1243), bien que les éléments architecturaux visibles datent surtout des XVe–XVIe siècles. Endommagé par un ouragan en 1390, le château est restauré par les Bohan au XVe siècle, famille qui le conserve deux siècles. Au XVIIe siècle, il passe au maréchal de Schulemberg, puis à Marie d'Estoquoy, avant d’être transmis aux comtes d’Ancelet. Un incendie au XVIIIe siècle détruit une partie des bâtiments. Vendue en 1828 à la famille Guilly, la propriété change plusieurs fois de mains avant d’être restaurée en 1984 par M. Fabrega. Inscrit aux Monuments Historiques en 1987, le site reste une propriété privée non ouverte au public.
Deux légendes marquent son histoire : celle de Régina, nièce emprisonnée par son oncle Fodebert dans la petite tour, libérée par son fiancé Ingebrand de retour de croisade ; et celle de Bucelin, seigneur jaloux ayant enfermé son épouse dans le donjon jusqu’à sa mort. Ces récits s’inspirent peut-être de faits réels, comme le meurtre en 1579 de Nicole de Villers par son époux François de Wignacourt, tous deux liés à la famille Bohan. Des rumeurs persistent aussi sur un trésor caché et un passage souterrain vers le château de Mont-de-Jeux, bien qu’aucune preuve tangible n’ait été trouvée.
Architecturalement, le donjon illustre la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance, avec ses éléments défensifs (canonnières, meurtrières) et ses décors intérieurs raffinés (cheminée armoriée, voûtes ogivales). Sa localisation sur un coteau dominant Neuville-Day en fait un repère visuel majeur du paysage ardennais. Les fouilles menées au XXe siècle par Mathilde Gilles, veuve du dernier propriétaire avant 1984, n’ont révélé aucun trésor, mais ont contribué à entretenir le mystère entourant ce monument.
Aujourd’hui, le donjon de Day incarne à la fois un patrimoine architectural remarquable et un réservoir de récits populaires, reflétant les tensions sociales et familiales des époques médiévale et moderne. Son inscription en 1987 souligne sa valeur historique, bien que son accès reste restreint, préservant ainsi son caractère énigmatique et pittoresque.