Origine et histoire du Donjon de la Toque
Le donjon de la Toque, situé à Huriel dans l’Allier, est le dernier vestige du château médiéval de la ville. Construit entre la fin du XIe et la fin du XIIe siècle par la famille Humbaud, ce donjon roman de 33 mètres de haut illustre l’architecture défensive de l’époque. Ses murs en granit de Jarges, ses contreforts et sa porte en hauteur, desservie par une passerelle amovible, reflètent son rôle de tour seigneuriale fortifiée. Les hourds des étages supérieurs ont disparu aux XVe et XVIe siècles, remplacés par des fenêtres à meneaux et des cheminées, marquant une adaptation à des usages résidentiels.
Le donjon a connu plusieurs phases de transformation, notamment au XIIIe siècle avec un remaniement des parties hautes, et au XVIe siècle où il fut aménagé pour le confort (cheminées, fenêtres). À cette époque, deux des quatre tours rondes d’origine subsistaient encore. Sa toiture caractéristique du XVIe siècle, surnommée « La Toque », a été conservée jusqu’en 1903. Le monument, classé en 1886, a été restauré récemment, avec des travaux achevés en 2023. Il abrite aujourd’hui un musée consacrés à l’histoire seigneuriale d’Huriel et à son passé vigneron.
La seigneurie d’Huriel a changé de mains à plusieurs reprises, passant des Humbault (XIe siècle) à la maison de Déols, puis aux familles de Brosse, de Bourgogne, Hurault de Cheverny, et enfin Jehannot de Bartillat en 1673. Jean de Brosse, maréchal de France né au château en 1375, est l’une des figures marquantes liées au site. En 1879, la commune d’Huriel acquiert le donjon, assurant sa préservation. Les vestiges incluent aussi une enceinte partielle avec deux tourelles rondes, reconstruites à la fin du XVIe siècle sur d’anciennes fondations.
Le donjon de la Toque incarne l’évolution des châteaux forts, passant d’une fonction purement défensive à un lieu de résidence aristocratique. Son architecture mêle des éléments romans (cave voûtée, plan rectangulaire) et des ajouts Renaissance (fenêtres, cheminées), témoignant des adaptations successives aux besoins de ses occupants. Classé parmi les Monuments historiques, il reste un symbole du patrimoine médiéval et renaissant de l’Auvergne-Rhône-Alpes.