Frise chronologique
vers 950
Installation de Gréor d'Esmond
Installation de Gréor d'Esmond
vers 950 (≈ 950)
Ancêtre irlandais de la famille Lenet
XIIIe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
XIIIe siècle (≈ 1350)
Sur une motte féodale préexistante
1421
Jehan de Lesnet écuyer
Jehan de Lesnet écuyer
1421 (≈ 1421)
Au service de Richard d’Étampes
16 février 1990
Classement monument historique
Classement monument historique
16 février 1990 (≈ 1990)
Protection officielle du donjon
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon de Lenest (ou de Lenet) (cad. C 863, 866) : classement par arrêté du 16 février 1990
Personnages clés
| Gréor d'Esmond - Duc de Lenet, officier irlandais |
Fondateur de la lignée vers 950 |
| Pierre Lenet - Descendant célèbre |
Mentionné par Madame de Sévigné |
| Jehan de Lesnet - Écuyer en 1421 |
Au service de Richard d’Étampes |
| Jean Le Net - Sénéchal et notaire royal |
Actif dans la presqu’île de Rhuys |
| Olivier de Clisson - Connétable de France |
Employeur des Lenet pour la défense |
Origine et histoire
Le donjon de Lenest, aussi appelé donjon de Lenet, est un édifice fortifié situé à Saulgé, dans le département de la Vienne (Nouvelle-Aquitaine). À l’origine, le site était une motte féodale sur laquelle fut construit un donjon au XIIIe siècle, avant d’être remanié aux alentours du XVe siècle. Ce monument illustre l’évolution des systèmes défensifs médiévaux, passant d’une structure en terre à une forteresse en pierre, tout en intégrant des éléments de confort comme des cheminées ou des décors peints.
L’histoire du donjon est liée à la famille Lenet (ou Lesnet, Le Net), d’origine irlandaise par un ancêtre nommé Gréor d'Esmond, établi vers 950 dans la région après avoir combattu les Vikings. Ses descendants, alliés aux ducs de Bretagne puis aux comtes de Provence, jouèrent un rôle politique et militaire notable. Parmi eux, Pierre Lenet, proche des Condé et mentionné dans les lettres de Madame de Sévigné, est la figure la plus célèbre. La famille occupa des charges comme procureur syndic à Vannes ou sénéchal royal dans la presqu’île de Rhuys, tout en accumulant des fiefs comme Noyal-Pontivy ou Crédin.
Architecturalement, le donjon se présente comme un corps central carré de trois étages, flanqué de quatre tourelles et intégré à une enceinte. Bien que ruiné (dépourvu de toiture), il conserve des éléments remarquables : archères canonnières pour la défense, cheminées monumentales, latrines dans une tour, et traces de peintures murales. Ces détails témoignent d’une recherche de confort rare pour l’époque, tout en rappelant sa vocation défensive face aux bandes armées ou aux pilleurs. Le site, transformé en exploitation agricole après le Moyen Âge, fut classé monument historique en 1990.
Les armoiries des Lenet varient selon les branches : trois cornes de chasse pour les Lesnet, une croix occitane surmontée de cornes pour les Nesmond, ou un fond jaune à bande bleue pour les Le Net du Motenno-Kerio. Ces symboles reflètent leurs allégeances successives, des ducs de Bretagne aux rois de France. La famille essaimera aussi sous les noms Le Nest, Le Netz, ou de Nesmond, laissant une empreinte durable dans l’histoire poitevine et bretonne.
Parmi les personnages clés, Jehan de Lesnet est cité comme écuyer de Richard d’Étampes (frère de Jean V de Bretagne) en 1421, tandis que Jean Le Net fut sénéchal et notaire royal dans la presqu’île de Rhuys. Leur rôle dans la gestion des fiefs et la défense des places fortes comme La Chèze ou Pontivy, au service d’Olivier de Clisson, souligne leur intégration dans les réseaux de pouvoir régionaux. Le donjon de Lenest incarne ainsi à la fois une histoire familiale mouvementée et une architecture militaire adaptée aux enjeux de son temps.