Frise chronologique
1179
Destruction par Richard Cœur de Lion
Destruction par Richard Cœur de Lion
1179 (≈ 1179)
Rasé après révolte d’un vassal.
1187
Reconstruction du donjon
Reconstruction du donjon
1187 (≈ 1187)
Geoffroy III relève la forteresse.
2e moitié XIIe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
2e moitié XIIe siècle (≈ 1250)
Édifié par Geoffroy III de Pons après destruction.
1621
Siège et démantèlement partiel
Siège et démantèlement partiel
1621 (≈ 1621)
Louis XIII rase le château sauf donjon.
1623–1670
Reconstruction du corps de logis
Reconstruction du corps de logis
1623–1670 (≈ 1647)
Travaux menés par César Phœbus d’Albret.
8 octobre 1879
Classement du donjon
Classement du donjon
8 octobre 1879 (≈ 1879)
Premier arrêté de protection.
1904
Modification des mâchicoulis
Modification des mâchicoulis
1904 (≈ 1904)
Ajouts fantaisistes par Émile Combes.
10 décembre 2024
Classement complet du château
Classement complet du château
10 décembre 2024 (≈ 2024)
Protection étendue à l’ensemble du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon : classement par arrêté du 8 octobre 1879 ; L'ancien château de Pons, en totalité, ainsi que la parcelle 203, figurant à la section BH du cadastre de la commune, situés esplanade du Château, tel que colorié en rouge et rose sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 10 décembre 2024
Personnages clés
| Geoffroy III de Pons - Seigneur de Pons |
Reconstruit le donjon en 1187. |
| Richard Cœur de Lion - Roi-duc d’Aquitaine |
Rase le château en 1179. |
| César Phœbus d’Albret - Maréchal et seigneur de Pons |
Construisit corps de logis et escalier au XVIIe. |
| Émile Combes - Homme politique |
Modifia les mâchicoulis en 1904. |
| Pierre Dugua de Mons - Explorateur (attribution) |
Aura conçu l’escalier monumental. |
Origine et histoire
Le donjon de Pons, situé dans la commune éponyme en Charente-Maritime (Nouvelle-Aquitaine), est l’ancien cœur défensif du château médiéval. Haut de 33 mètres, ce donjon quadrangulaire du XIIe siècle illustre l’architecture romane des donjons-palais, combinant fonction militaire et résidence seigneuriale. Il surplombe la vallée de la Seugne, sur un site stratégique à la croisée des routes de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, entre Saintes et Blaye. Son épaisseur murale (jusqu’à 4,40 m) et ses trois niveaux intérieurs en font un exemple remarquable de forteresse saintongeaise.
L’histoire du château est marquée par des destructions et reconstructions successives. Rasé en 1179 par Richard Cœur de Lion après une révolte, il est relevé en 1187 par Geoffroy III de Pons, qui érige le donjon actuel. Au XVIIe siècle, après le siège de 1621 par les armées de Louis XIII, seul le donjon échappe à la destruction. Le maréchal César Phœbus d’Albret y fait alors construire un corps de logis, intégrant des plafonds peints allégoriques (classés monuments historiques). Les vestiges médiévaux, dont la chapelle Saint-Gilles et des remparts, subsistent aux côtés de ce manoir.
Le site, acquis par la municipalité en 1806, devient un jardin public offrant un panorama sur la vallée. L’esplanade, aménagée sur d’anciennes défenses, conserve des traces des parterres à la française du XVIIe siècle, tandis qu’un escalier monumental de 124 marches (attribué à Pierre Dugua de Mons) relie la ville haute à la Seugne. Classé monument historique dès 1879, le donjon a vu ses mâchicoulis modifiés en 1904 par Émile Combes, ajoutant des éléments fantaisistes inspirés d’une autre forteresse. En 2024, l’ensemble du château est finalement classé.
Architecturalement, le donjon allie austérité extérieure et raffinement intérieur : escaliers en colimaçon, fenêtres géminées romanes, et une terrasse offrant une vue à 360°. Le corps de logis, remanié au XVIIe siècle, abrite des plafonds peints (allégories de Vénus, angelots) et des caves voûtées. La chapelle Saint-Gilles, ancienne porte d’entrée du château, complète cet ensemble roman, tandis que les arcades du jardin révèlent les soubassements médiévaux.
Le donjon s’inscrit dans un contexte historique mouvementé : place forte convoitée des ducs d’Aquitaine, fief huguenot assiégé aux XVIe–XVIIe siècles, puis symbole municipal après la Révolution. Son rôle défensif, puis résidentiel, reflète les mutations politiques de la Saintonge, entre pouvoir seigneurial, conflits religieux et intégration au domaine royal. Aujourd’hui, il incarne le patrimoine roman et classique de Pons, entre mémoire médiévale et aménagements paysagers.