Frise chronologique
1289-1294
Construction des barrages sur le Lot
Construction des barrages sur le Lot
1289-1294 (≈ 1292)
Projet d’Édouard Ier pour la navigabilité.
1296
Fondation du moulin par Foulques de Lustrac
Fondation du moulin par Foulques de Lustrac
1296 (≈ 1296)
Associé à un barrage existant.
XVIe siècle
Reconstruction du moulin
Reconstruction du moulin
XVIe siècle (≈ 1650)
Ensemble homogène avec deux meules.
1891
Acquisition par Joseph Meynot
Acquisition par Joseph Meynot
1891 (≈ 1891)
Développement minoterie et scierie.
Années 1930
Conversion en centrale hydroélectrique
Conversion en centrale hydroélectrique
Années 1930 (≈ 1930)
Surélevation en brique et béton.
1988
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1988 (≈ 1988)
Protection des façades et écluse.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; bief avec écluse et barrage jusqu'à l'axe central de la rivière (cad. C 408) : inscription par arrêté du 1er février 1988
Personnages clés
| Foulques de Lustrac - Seigneur et constructeur |
Fonda le moulin en 1296. |
| Édouard Ier d’Angleterre - Commanditaire des barrages |
Rendit le Lot navigable (1289-1294). |
| Joseph Meynot - Industriel et maire d’Agen |
Modernisa le site en 1891. |
| Bernard de Lustrac - Seigneur fortifiant le site |
Reçut 300 francs en 1372. |
Origine et histoire
Le moulin de Lustrac, situé dans le hameau éponyme sur la commune de Trentels (Lot-et-Garonne), fut construit vers 1296 par Foulques de Lustrac sur la rive droite du Lot. Il s’appuie sur un barrage édifié dans le cadre des travaux entrepris par Édouard Ier d’Angleterre pour rendre le fleuve navigable entre 1289 et 1294, facilitant ainsi le transport des marchandises du Quercy vers Bordeaux. Ce projet, confié à des entrepreneurs locaux comme les Lustrac, fut interrompu en 1294 lors de la saisie de l’Agenais par Philippe le Bel, avant d’être relancé partiellement au XIVe siècle. Le moulin, mentionné dans une enquête de 1311, devint un outil économique majeur pour la seigneurie de Lustrac, leur permettant de s’élever socialement.
Au XVIe siècle, le moulin est reconstruit, puis apparaît sur le plan cadastral de 1830 avec deux paires de meules. Au XIXe siècle, Joseph Meynot, maire d’Agen et polytechnicien, l’acquit en 1891 pour y développer une minoterie et une scierie dans le château adjacent. Converti en centrale hydroélectrique dans les années 1930 — avec une surélévation en brique et béton —, le site fut désaffecté par EDF en 1968. Restauré en 1973 par les propriétaires du château, il fut transformé en habitation, tout en conservant des éléments architecturaux médiévaux comme des arches en plein-cintre et une passerelle mobile enjambant l’écluse.
L’écluse et le moulin, indissociables du château de Lustrac bâti vers 1296, illustrent l’ingénierie hydraulique médiévale et son évolution industrielle. Le site, protégé depuis 1988 (façades, toitures, bief, écluse et barrage), témoigne aussi des enjeux économiques liés à la navigabilité du Lot. Les travaux du XVIIe siècle, sous Louis XIV, avaient déjà modernisé le système d’écluses entre Villeneuve-sur-Lot et Cahors, intégrant le moulin dans un réseau fluvial royal. Aujourd’hui, l’ensemble forme un patrimoine emblématique de la vallée du Lot, mêlant histoire seigneuriale, innovation technique et adaptation contemporaine.