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Ecluse et moulin de Lustrac à Trentels dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine fluvial Ecluse Moulin

Ecluse et moulin de Lustrac

    103-107 Lustrac
    47140 Trentels
Propriété privée
Ecluse et moulin de Lustrac
Ecluse et moulin de Lustrac
Ecluse et moulin de Lustrac
Ecluse et moulin de Lustrac
Ecluse et moulin de Lustrac
Crédit photo : Paternel 1 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1289-1294
Construction des barrages sur le Lot
1296
Fondation du moulin par Foulques de Lustrac
XVIe siècle
Reconstruction du moulin
1891
Acquisition par Joseph Meynot
Années 1930
Conversion en centrale hydroélectrique
1988
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; bief avec écluse et barrage jusqu'à l'axe central de la rivière (cad. C 408) : inscription par arrêté du 1er février 1988

Personnages clés

Foulques de Lustrac - Seigneur et constructeur Fonda le moulin en 1296.
Édouard Ier d’Angleterre - Commanditaire des barrages Rendit le Lot navigable (1289-1294).
Joseph Meynot - Industriel et maire d’Agen Modernisa le site en 1891.
Bernard de Lustrac - Seigneur fortifiant le site Reçut 300 francs en 1372.

Origine et histoire

Le moulin de Lustrac, situé dans le hameau éponyme sur la commune de Trentels (Lot-et-Garonne), fut construit vers 1296 par Foulques de Lustrac sur la rive droite du Lot. Il s’appuie sur un barrage édifié dans le cadre des travaux entrepris par Édouard Ier d’Angleterre pour rendre le fleuve navigable entre 1289 et 1294, facilitant ainsi le transport des marchandises du Quercy vers Bordeaux. Ce projet, confié à des entrepreneurs locaux comme les Lustrac, fut interrompu en 1294 lors de la saisie de l’Agenais par Philippe le Bel, avant d’être relancé partiellement au XIVe siècle. Le moulin, mentionné dans une enquête de 1311, devint un outil économique majeur pour la seigneurie de Lustrac, leur permettant de s’élever socialement.

Au XVIe siècle, le moulin est reconstruit, puis apparaît sur le plan cadastral de 1830 avec deux paires de meules. Au XIXe siècle, Joseph Meynot, maire d’Agen et polytechnicien, l’acquit en 1891 pour y développer une minoterie et une scierie dans le château adjacent. Converti en centrale hydroélectrique dans les années 1930 — avec une surélévation en brique et béton —, le site fut désaffecté par EDF en 1968. Restauré en 1973 par les propriétaires du château, il fut transformé en habitation, tout en conservant des éléments architecturaux médiévaux comme des arches en plein-cintre et une passerelle mobile enjambant l’écluse.

L’écluse et le moulin, indissociables du château de Lustrac bâti vers 1296, illustrent l’ingénierie hydraulique médiévale et son évolution industrielle. Le site, protégé depuis 1988 (façades, toitures, bief, écluse et barrage), témoigne aussi des enjeux économiques liés à la navigabilité du Lot. Les travaux du XVIIe siècle, sous Louis XIV, avaient déjà modernisé le système d’écluses entre Villeneuve-sur-Lot et Cahors, intégrant le moulin dans un réseau fluvial royal. Aujourd’hui, l’ensemble forme un patrimoine emblématique de la vallée du Lot, mêlant histoire seigneuriale, innovation technique et adaptation contemporaine.

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