Frise chronologique
1932-1936
Construction de l'école
Construction de l'école
1932-1936 (≈ 1934)
Réalisée par Beaudouin et Lods pour Henri Sellier.
1935-1936
Ouverture et inauguration
Ouverture et inauguration
1935-1936 (≈ 1936)
Première école de plein air moderne en France.
1954
Passation à l'État
Passation à l'État
1954 (≈ 1954)
Transfert de tutelle municipale à nationale.
1996
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1996 (≈ 1996)
Fin de son usage scolaire original.
2002
Classement monument historique
Classement monument historique
2002 (≈ 2002)
Protection des bâtiments et du globe terrestre.
2021-2025
Projet de musée abandonné
Projet de musée abandonné
2021-2025 (≈ 2023)
Musée-mémorial du terrorisme initialement prévu.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les bâtiments de l'école, ainsi que le sol de la parcelle AK 3 sur laquelle ils sont situés : classement par arrêté du 24 avril 2002
Personnages clés
| Henri Sellier - Maire de Suresnes (1919-1941) |
Commanditaire du projet social et hygiéniste. |
| Eugène Beaudouin - Architecte co-concepteur |
Pionnier de l’architecture moderne et fonctionnelle. |
| Marcel Lods - Architecte co-concepteur |
Collaborateur de Beaudouin, spécialiste des structures innovantes. |
| Louis Boulonnais - Instituteur et consultant |
A contribué à la pédagogie et à la conception. |
| Simonne Lacapère - Directrice et adjointe au maire |
Modernisa l’école pour les enfants handicapés (années 1970). |
Origine et histoire
L’école de plein air de Suresnes, construite entre 1932 et 1936 par les architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods, fut commandée par le maire Henri Sellier pour scolariser des enfants atteints de tuberculose ou de fragilités respiratoires. Inspiré par le mouvement hygiéniste international, le projet visait à offrir un environnement sain, aéré et ensoleillé, avec des pavillons vitrés et des terrasses pour l’enseignement en extérieur. Le site, situé sur le versant sud du mont Valérien, bénéficiait d’une orientation optimale et d’un parc de deux hectares préservé.
Inaugurée en 1936, l’école fut saluée comme un modèle d’innovation architecturale et pédagogique, combinant suivi médical, activités physiques et scolarité adaptée. Ses huit pavillons reliés par des galeries, chauffés par le sol et équipés de parois vitrées mobiles, permettaient aux enfants de suivre les cours en intérieur comme en extérieur selon la météo. Un globe terrestre géant, classé monument historique en 2002, servait d’outil pédagogique emblématique. L’établissement, géré par la municipalité puis par l’État à partir de 1954, accueillit jusqu’à 300 enfants avant sa fermeture en 1996.
Classée monument historique en 2002, l’école illustre l’héritage des cités-jardins et des politiques sociales de l’entre-deux-guerres. Après des décennies de dégradation, son avenir a oscillé entre projets de réhabilitation (musée du terrorisme en 2021, abandonné en 2025) et risques de destruction. Les archives et objets liés à son histoire sont conservés au musée d’histoire urbaine et sociale de Suresnes et au musée national de l’Éducation à Rouen.
Les architectes Beaudouin et Lods, pionniers de l’architecture moderne, y ont appliqué des principes avant-gardistes : modularité des espaces, utilisation du béton et du verre, et intégration paysagère. Leur collaboration avec l’instituteur Louis Boulonnais et leur visite de l’école de Cliostraat à Amsterdam ont influencé la conception. Le bâtiment principal, long de 200 mètres, et ses pavillons cubiques aux façades vitrées ouvrantes reflètent cette recherche de lumière et d’hygiène.
L’école a aussi marqué l’histoire sociale locale grâce à des figures comme Simonne Lacapère, directrice et adjointe au maire dans les années 1970. Elle y a développé des adaptations pour enfants handicapés et contribué à une convention sur les droits de l’enfant pour l’ONU en 1989. Malgré son déclin structurel (problèmes d’étanchéité dès 1979), le site reste un symbole des utopies éducatives et architecturales du XXe siècle.