Patrimoine classé
Totalité des bâtiments : 001 (anciennement a1), 002 (anciennement b1, b2), 003 pour le corps central de l'aile Nord-Est correspondant à l'ancienne chapelle (anciennement f4), 004 (anciennement a2, a3), 005 (anciennement a6), 006 (anciennement a7), 007 (anciennement a4, a5), 009 (anciennement C1, C2). Façades et toitures des bâtiments : 003 (anciennement f1, f2, f3), 008 (anciennement O1, O2, O3, O4), 010 (anciennement n1, n2), 011 (anciennement m), 012 (anciennement p), 013 (anciennement q1), 014 (anciennement r), 018 (anciennement t), 019 (anciennement s), 021 (anciennement V), 022 (anciennement X1), 023 (anciennement y), 024 (anciennement Z), 026 (anciennement L1), 033 (anciennement i), 034 (anciennement j1, j2), 038 (anciennement h1), 043 (anciennement e1, e2), 044 (anciennement d), 045 (anciennement h2). Façades et toitures, ainsi que la charpente du bâtiment 025 (anciennement L2). Grilles séparant la cour d'honneur de la cour Morland ; sols de la cour d'honneur, de la courRoederer et de la cour Coquelin de l'Isle ; grilles monumentales reliant sur la place Joffre les bâtiments 011 et 009, 044 et 002 ; grilles et fossés donnant sur l'avenue Lowendal (cad. 07 : 03 BS 1 ; 07 : 03 BT 1) : classement par arrêté du 13 août 1990
Personnages clés
| Louis XV - Roi de France, fondateur |
Crée l’École par édit en 1751. |
| Ange-Jacques Gabriel - Architecte du roi |
Conçoit le Grand Projet néoclassique. |
| Madame de Pompadour - Favorite et mécène |
Soutient financièrement le projet. |
| Joseph Pâris Duverney - Financier et fondateur |
Parrain de l’institution et donateur. |
| Maréchal de Saxe - Initiateur du projet |
Propose l’école après la guerre. |
| Napoléon Bonaparte - Élève célèbre (1784-1785) |
Futur empereur formé dans l’école. |
Origine et histoire
L’École militaire est fondée en 1751 par Louis XV pour former 500 jeunes nobles sans fortune à la carrière des armes. Le projet naît après la guerre de Succession d’Autriche (1748), révélant un manque d’officiers compétents. Soutenu par le maréchal de Saxe, Madame de Pompadour et le financier Joseph Pâris Duverney, l’édit royal de janvier 1751 crée l’institution, financée par une taxe sur les cartes à jouer. L’architecte Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du roi, conçoit un ensemble monumental inspiré des modèles antiques, avec une chapelle centrale et cinq pavillons. Les travaux débutent en 1751, mais les difficultés financières, aggravées par les guerres de Louis XV, ralentissent le chantier. En 1760, le projet est réduit, et seul le bâtiment principal, avec sa façade emblématique, est achevé en 1780.
L’École royale militaire ouvre partiellement dès 1756 avec 200 cadets, dont le futur Napoléon Bonaparte (admis en 1784). Fermée en 1787, elle devient caserne pendant la Révolution, subissant pillages et transformations. Au XIXe siècle, elle retrouve sa vocation éducative avec l’installation de l’École supérieure de guerre (1878) et du Centre des hautes études militaires (1911). Classée monument historique en 1990, elle abrite aujourd’hui l’Académie de défense de l’École militaire (ACADEM), créée en 2023, regroupant une vingtaine d’organismes d’enseignement supérieur militaire, dont l’École de guerre et l’IHEDN. Le site, toujours actif, symbolise le lien entre l’armée et la nation.
L’architecture de l’École militaire, marquée par le néoclassicisme, s’organise autour d’un « Château » central avec dôme, chapelle, bibliothèque et salons historiques. La façade principale, ornée de statues allégoriques (la Victoire, la Paix, la Force) et de bas-reliefs, illustre la philosophie pacificatrice de Louis XV. La chapelle Saint-Louis, décorée de tableaux du XVIIIe siècle sur la vie du saint, est restaurée en 1952. La rotonde Gabriel, initialement prévue comme chapelle des élèves, devient une sellerie puis un mess. Les façades, endommagées par les combats de 1944 (impacts de balles visibles), sont purifiées en 2012 pour sécuriser le site.
Le site conserve des traces d’événements historiques majeurs : l’escalier d’honneur, aux marches usées par la Révolution, le salon des Maréchaux transformé en bureau par Bonaparte en 1795, ou la cour Morland, lieu de la dégradation du capitaine Dreyfus en 1895. La bibliothèque patrimoniale, classée, abrite des boiseries Louis XVI et des impacts de balles de 1944. L’École militaire, desservie par le métro (ligne 8), domine l’axe Trocadéro-Breteuil, entre la Tour Eiffel et l’UNESCO, affirmant son rôle central dans le paysage parisien et l’histoire militaire française.
Aujourd’hui, l’École militaire héberge des institutions prestigieuses comme le Centre des hautes études militaires (CHEM), l’Institut de recherche stratégique (IRSEM) et l’École de guerre, formant des officiers français et étrangers. L’ACADEM, inaugurée en 2023, fédère ces organismes pour rayonner la pensée stratégique française. Le Groupement de soutien de la base de défense (GSBdD) assure la gestion du site, ouvert au public lors des Journées du patrimoine. Symbole d’excellence et de continuité, l’École militaire reste un lieu vivant, mêlant patrimoine historique et innovation pédagogique.