Fondation de l'École centrale des travaux publics 1794 (≈ 1794)
Création par la Convention nationale.
1795
Renommée École polytechnique
Renommée École polytechnique 1795 (≈ 1795)
Adoption du nom actuel par loi.
1804
Militarisation par Napoléon Ier
Militarisation par Napoléon Ier 1804 (≈ 1804)
Installation sur la montagne Sainte-Geneviève.
1814
Défense de Paris
Défense de Paris 1814 (≈ 1814)
Participation des élèves aux combats.
1972
Ouverture aux femmes
Ouverture aux femmes 1972 (≈ 1972)
Première promotion mixte avec 7 femmes.
1976
Transfert à Palaiseau
Transfert à Palaiseau 1976 (≈ 1976)
Déménagement vers le plateau de Saclay.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges de l'enceinte : classement par liste de 1889
Personnages clés
Napoléon Ier - Empereur des Français
Militarisa l’École en 1804.
Gaspard Monge - Mathématicien et père fondateur
Conçut le projet pédagogique initial.
Anne Chopinet - Première femme major de promotion
Intégra l’X en 1972.
Laurent Schwartz - Mathématicien et réformateur
Modernisa l’enseignement dans les années 1960.
Henri Becquerel - Physicien et ancien élève
Prix Nobel de physique 1903.
Valéry Giscard d’Estaing - Ancien président de la République
Diplômé de l’École polytechnique.
Origine et histoire
L'École polytechnique, souvent surnommée « l’X », a été fondée en 1794 sous le nom d’École centrale des travaux publics par la Convention nationale, dans un contexte post-révolutionnaire marqué par la fermeture des écoles royales d’ingénieurs. Renommée École polytechnique en 1795, elle est conçue pour former des ingénieurs polyvalents et rétablir l’enseignement des sciences exactes, suspendu pendant la Révolution. Son modèle pédagogique, alliant théorie et pratique, vise à répondre aux besoins techniques de la République tout en diffusant les savoirs scientifiques dans la nation. En 1804, Napoléon Ier militarise l’institution, lui octroie une devise (« Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire ») et l’installe sur la montagne Sainte-Geneviève, à Paris, dans les locaux des anciens collèges de Navarre, de Boncourt et de Tournai.
L’École joue un rôle clé dans les grands événements nationaux, comme lors de la défense de Paris en 1814, où ses élèves s’illustrent aux barricades, ou pendant les révolutions de 1830 et 1848, où ils soutiennent les insurgés. Au XIXe siècle, elle devient un vivier pour les grands corps de l’État et l’armée, tout en étant critiquée pour son élitisme et son éloignement progressif de la recherche au profit de carrières administratives. La militarisation et la sélectivité du concours d’entrée, basé sur les mathématiques, renforcent son prestige mais aussi son image de « noblesse d’État », une élite technocratique formée pour servir l’appareil étatique.
Au XXe siècle, l’École s’adapte aux bouleversements historiques : elle participe à l’effort de guerre en 1914-1918, puis subit les restrictions de Vichy avant de se replier à Lyon pendant l’Occupation. Après 1945, elle entame une série de réformes, notamment l’ouverture aux femmes en 1972 et le transfert sur le plateau de Saclay en 1976, marquant son ancrage dans le pôle technologique Paris-Saclay. Aujourd’hui, l’École polytechnique allie formation d’ingénieurs généralistes, recherche de pointe (avec 22 laboratoires) et ouverture internationale, tout en conservant des traditions emblématiques comme le Grand Uniforme et le défilé du 14 Juillet.
Le campus historique parisien, situé dans le 5e arrondissement, comprend des bâtiments datant du XVIIIe et du XIXe siècles, comme le pavillon Boncourt ou les vestiges du collège de Navarre. Classé partiellement aux Monuments Historiques en 1984, ce site incarne l’héritage architectural et mémoriel de l’institution, avant son déménagement. L’École reste associée à des symboles forts : l’uniforme à bicorne, le surnom « X », et une culture étudiante marquée par des traditions comme la Khômiss ou le bahutage, malgré leur déclin temporaire dans les années 1960-1980.
L’influence de l’École polytechnique dépasse largement les frontières françaises. Son modèle pédagogique a inspiré des institutions comme le MIT aux États-Unis ou l’École polytechnique de Montréal. Elle a formé des figures majeures dans des domaines variés : scientifiques (Henri Becquerel, Maurice Allais, Jean Tirole), industriels (André Citroën, Bernard Arnault), militaires (les maréchaux Joffre et Foch), ou politiques (Valéry Giscard d’Estaing). Malgré les critiques sur son élitisme ou son éloignement des réalités industrielles, l’X reste un symbole de l’excellence française en sciences et en ingénierie, tout en évoluant pour répondre aux défis contemporains, comme l’innovation ou la diversité sociale.
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Jouissant d'un grand prestige dans l'enseignement supérieur en France, l'École polytechnique est souvent associée à la sélectivité, à l'excellence académique, mais aussi à l'élitisme et à la technocratie qui sont sources de critiques depuis sa création. Dans l'imaginaire populaire l'École est associée à certains symboles comme l'uniforme des élèves ou le bicorne.