Origine et histoire de l'Écomusée des Mines de Fer
L’Écomusée des Mines de Fer de Lorraine, implanté à Neufchef en Moselle, est né en 1983 de la volonté de préserver le patrimoine industriel du bassin ferrifère lorrain, alors en déclin depuis les années 1970. Le musée, ouvert au public depuis 1989, propose une immersion dans l’univers des mineurs de fer à travers deux sites : Neufchef, avec ses 1,5 km de galeries reconstituant trois époques minières (1820 à nos jours), et Aumetz, où une machine d’extraction et un chevalement de 35 mètres, classé monument historique en 1995, dominent le paysage. Le projet associe archives, objets miniers et témoignages pour documenter le travail souterrain, les techniques d’extraction et la vie sociale des ouvriers, tout en bénéficiant du label Musée de France.
Le site de Neufchef, anciennement la mine Bassompierre (active de 1900 à 1983), offre un parcours guidé par d’anciens mineurs, complété par des maquettes interactives sur la géologie et la sidérurgie, ainsi que des reconstitutions de scènes familiales des années 1950. Une collection exceptionnelle de 250 lampes de mine, acquise grâce au don d’Armand Willaume en 2004, y est exposée, aux côtés d’engins miniers et d’archives sonores recueillant les récits des travailleurs. Le musée aborde aussi les luttes sociales, l’immigration et le paternalisme dans les cités minières, tout en préservant des vestiges industriels comme une forge originale et une bombe V1 de la Seconde Guerre mondiale.
À Aumetz, le chevalement et la machine d’extraction, inscrits aux monuments historiques, illustrent les techniques d’exploitation par puits, tandis qu’une plateforme panoramique révèle l’empreinte des mines sur le Pays-Haut, entre cités ouvrières et fortifications de la ligne Maginot. Les expositions y détaillent l’évolution des explosifs miniers, l’électrification des galeries et les outils des forgerons. L’écomusée, accessible aux personnes en situation de handicap, s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine culturel régional, mêlant mémoire industrielle, innovations techniques et héritage social des gueules noires lorraines.