Frise chronologique
1900
Inauguration de la ligne 1 et de l'édicule
Inauguration de la ligne 1 et de l'édicule
1900 (≈ 1900)
Ouverture par Guimard pour la CMP.
12 février 2016
Classement monument historique
Classement monument historique
12 février 2016 (≈ 2016)
Inscription de l'entourage de l'accès.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Entourage de l'accès situé à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue des Lavandières-Sainte-Opportune (élément non cadastré, se situant face à la parcelle cadastrale AN 18) : inscription par arrêté du 12 février 2016
Personnages clés
| Hector Guimard - Architecte |
Concepteur de l'édicule en 1900. |
Origine et histoire
L'édicule Guimard de la station Châtelet, situé à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue des Lavandières-Sainte-Opportune dans le 1er arrondissement de Paris, fut dessiné en 1900 par l'architecte Hector Guimard pour la Compagnie générale du Métropolitain de Paris. Il s'agit d'un des rares accès originaux subsistants du réseau, caractéristique du style Art Nouveau, avec ses formes organiques et ses structures en fonte ornementale. Cet édicule marquait l'entrée de la ligne 1, inaugurée la même année, et symbolisait la modernité des transports urbains à l'aube du XXe siècle.
La station Châtelet, à laquelle cet édicule donne accès, est devenue un carrefour majeur du métro parisien, desservant aujourd'hui cinq lignes (1, 4, 7, 11, 14) et reliée à la gare RER de Châtelet - Les Halles. L'édicule lui-même, bien que modeste par sa taille, incarne l'identité visuelle du métro parisien imaginée par Guimard, dont les créations furent progressivement démantelées au cours du XXe siècle. Seuls quelques exemplaires, comme celui de Châtelet, ont été préservés et protégés pour leur valeur patrimoniale.
Classé monument historique par arrêté du 12 février 2016, l'entourage de cet accès — composé de ses éléments en fonte et verre — fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques. Cette protection reconnaît son importance dans l'histoire de l'architecture et des transports parisiens. L'édicule se distingue par sa localisation stratégique, à proximité de sites emblématiques comme la place du Châtelet, le théâtre du même nom, et la Seine, renforçant son ancrage dans le paysage urbain.
Hector Guimard (1867-1942), architecte français pionnier de l'Art Nouveau, conçut près de 141 entrées de métro entre 1900 et 1913. Celle de Châtelet, bien que moins ornée que certaines de ses réalisations (comme celles de la porte Dauphine), illustre son approche fonctionnelle et esthétique, mêlant industrialisation et élégance. Les matériaux utilisés — fonte moulée, verre dépoli — reflètent les techniques industrielles de l'époque, tout en intégrant des motifs végétaux typiques du mouvement Art Nouveau.
La station Châtelet, quant à elle, a connu de multiples transformations depuis son ouverture en 1900, devenant un hub multimodal avec l'ajout successif de lignes de métro et de correspondances RER. L'édicule Guimard, lui, est resté un témoin silencieux de ces évolutions, conservant son apparence d'origine malgré les modernisations environnantes. Son classement tardif (2016) souligne la prise de conscience progressive de la valeur patrimoniale de ces éléments, autrefois considérés comme obsolètes.
Aujourd'hui, l'édicule Guimard de Châtelet attire autant pour son rôle fonctionnel que pour sa dimension historique et artistique. Il offre un contraste saisissant avec l'architecture contemporaine des Halles voisines, rappelant l'héritage artistique de Paris et l'audace des ingénieurs du métro au tournant du XXe siècle. Son maintien in situ, malgré les pressions urbaines, témoigne d'une volonté de préserver les traces tangibles de l'histoire des transports parisiens.