Ouverture initiale 19 novembre 1904 (≈ 1904)
Inauguration sous le nom *Rue Saint-Denis* (ligne 3).
15 octobre 1907
Changement de nom
Changement de nom 15 octobre 1907 (≈ 1907)
Devenue *Réaumur-Sébastopol* avant l’arrivée ligne 4.
21 avril 1908
Arrivée ligne 4
Arrivée ligne 4 21 avril 1908 (≈ 1908)
Mise en service du tronçon Porte de Clignancourt–Châtelet.
1910
Crue de la Seine
Crue de la Seine 1910 (≈ 1910)
Inondation des quais, interruption du trafic.
1966–1967
Modernisation ligne 4
Modernisation ligne 4 1966–1967 (≈ 1967)
Allongement des quais pour rames MP 59.
2017–2019
Automatisation ligne 4
Automatisation ligne 4 2017–2019 (≈ 2018)
Rehaussement des quais et portes palières.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Hector Guimard - Architecte
Créateur des édicules Art Nouveau du métro.
René-Antoine Ferchault de Réaumur - Physicien et naturaliste
Hommage via la rue éponyme (1683–1757).
Origine et histoire
La station Réaumur-Sébastopol, située à la limite des 2e et 3e arrondissements de Paris, est un nœud clé du réseau métropolitain, desservi par les lignes 3 et 4. Ouverte initialement sous le nom Rue Saint-Denis le 19 novembre 1904 — un mois après l’inauguration du premier tronçon de la ligne 3 —, elle fut rebaptisée Réaumur-Sébastopol le 15 octobre 1907 en prévision de l’arrivée de la ligne 4, effective le 21 avril 1908. Son nom rend hommage à la fois au physicien René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683–1757) et au siège de Sébastopol (1854–1855), symbole de la guerre de Crimée. La station fut inondée lors de la crue centennale de la Seine en 1910, perturbant le trafic pendant plusieurs semaines.
L’un de ses accès, l’édicule Guimard (accès no 2 Rue Réaumur), est un vestige rare du style Art Nouveau qui caractérisait les entrées du métro parisien au début du XXe siècle. Conçu par l’architecte Hector Guimard (1867–1942), ce type d’entourage métallique, orné de courbes végétales et de verrières, fut massivement supprimé après 1945 au profit de modèles plus sobres. L’accès no 2, avec ses escaliers étroits et ses portiques simplifiés (portant l’inscription « Métro » plutôt que « Métropolitain »), illustre les adaptations techniques imposées par l’exiguïté des rues parisiennes. Les accès nos 3 (Rue Saint-Denis) conservent également des éléments Guimard, témoignant de l’héritage artistique de cette époque.
La station a subi plusieurs modernisations majeures. Entre 1966 et 1967, les quais de la ligne 4 furent allongés pour accueillir des rames à six voitures, dans le cadre de leur conversion au roulement pneumatique. Les années 1990 virent le remplacement du carrossage métallique d’origine par une décoration « Ouï-dire » (bandeaux lumineux bleus, carrelage blanc aligné), avant que l’automatisation de la ligne 4 en 2017–2019 n’entraîne une rénovation complète (rehaussement des quais, installation de portes palières). Les quais de la ligne 3, rénovés en 2015, retrouvèrent leur carrelage blanc biseauté d’origine, tandis que des panneaux évoquant la presse (en référence aux anciens sièges de journaux de la rue Réaumur) y furent ajoutés.
Située sous l’intersection de la rue Réaumur et du boulevard de Sébastopol, la station dessert des quartiers emblématiques : le Sentier (historique pour le textile et la mode), Montorgueil (marché alimentaire animé), et la Gaîté-Lyrique (lieu culturel dédié aux arts numériques). À proximité, le square Émile-Chautemps et les églises Saint-Martin-des-Champs (XIe siècle) et Saint-Nicolas-des-Champs (XIIe siècle) rappellent le patrimoine médiéval du Marais. La station, fréquentée par plus de 5 millions de voyageurs annuels avant 2020, incarne ainsi un mélange de modernité technique et de mémoire urbaine.
La culture populaire s’est emparée de son nom : l’épisode 41 de la série Bref (2011) la parodie sous le nom « Censure-Sébastopol », en protestation contre le refus de la RATP d’autoriser un tournage critique dans le métro. Dans Les Dingodossiers de Gotlib (1965–1968), une vignette humoristique détournait également son nom en « Réaumur dans le métro », jouant sur l’anachronisme du naturaliste égaré dans les couloirs souterrains. Ces clins d’œil soulignent son ancrage dans l’imaginaire parisien, entre utilité quotidienne et symbole patrimonial.