Classement Monument Historique 3 septembre 2012 (≈ 2012)
Protection totale de l'édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
milieu XXe siècle
Appellation *Prison des Évêques*
Appellation *Prison des Évêques* milieu XXe siècle (≈ 2050)
Nom actuel popularisé
Patrimoine classé
L'édifice dit « Prison des Évêques », sa parcelle d'assiette et les parcelles cadastrales contiguës sur lesquelles s'élevait la construction adjacente détruite, en totalité (cad. A 268, 269, 1350) : inscription par arrêté du 3 septembre 2012
Personnages clés
Benoît Duvivier - Architecte
Auteur du rapport de 1997
Trois évêques (1383-1417) - Résidents épiscopaux
Lien supposé avec la salle voûtée
Origine et histoire
La Prison des Évêques, située rue de la Citadelle à Saint-Jean-Pied-de-Port, est un édifice de plan rectangulaire construit en bel appareil de grès lie-de-vin. Sa façade sur rue présente une porte en plein-cintre chanfreinée, une fenêtre rectangulaire au rez-de-chaussée et une fenêtre à meneau à l’étage, surmontée de la date 1584. À l’intérieur, un corps de garde mène à des cellules disciplinaires, tandis qu’un escalier droit dessert une salle voûtée en sous-sol, éclairée par un soupirail. Des chaînes scellées aux murs et des colliers rappellent une vocation carcérale, bien que brève et tardive.
L’origine de l’édifice reste incertaine : sa salle souterraine, voûtée en arc brisé, a pu servir d’entrepôt pour une bourse de marchands, de chapelle, ou même d’hôtel de ville. Les vestiges d’un mur adjacent, datant de la fin du XIIIe siècle, suggèrent une construction antérieure partiellement réutilisée. La partie ouest, la plus ancienne, remonterait à la limite XIIIe-XIVe siècle, tandis que des restaurations majeures eurent lieu aux XVIe et XVIIe siècles. L’appellation Prison des Évêques, apparue au XXe siècle, fait référence au grand schisme d’Occident (1383-1418), période où Saint-Jean-Pied-de-Port abritait trois évêques successifs. Pourtant, cette dénomination est considérée comme une hérésie historique par certains experts, le bâtiment n’ayant que brièvement servi de prison.
Un rapport architectural de 1997 révèle que l’édifice s’appuyait autrefois sur une construction plus ancienne, aujourd’hui disparue, remplacée par un jardin depuis le XVIIe siècle. Classé Monument Historique en 2012, le bâtiment abrite désormais un musée ouvert au public. Son sous-sol, accessible par une trappe, conserve des traces de cachots et de systèmes de contention, témoignages d’un usage répressif éphémère. La fonction originelle de l’édifice – commerciale, religieuse ou civile – reste cependant un mystère, alimenté par l’absence de sources écrites contemporaines.
La construction se distingue par son homogénéité architecturale, malgré ses phases successives. Le toit à longs pans, couvert de tuiles creuses, et les fenêtres à barreaux de l’étage évoquent une vocation défensive ou administrative. Les six pièces de l’étage, desservies par un vaste dégagement, servaient encore de salles de police lors de l’occupation de la citadelle voisine. Le soupirail du sous-sol, donnant sur les jardins en contrebas des remparts, souligne l’intégration de l’édifice dans le système défensif de la ville haute.
L’hypothèse d’un lien avec les évêques du schisme (1383-1417) repose sur la salle voûtée, peut-être construite sur leur ordre. Pourtant, aucun document ne confirme leur implication directe. Le nom actuel, popularisé au milieu du XXe siècle, reflète davantage une légende locale qu’une réalité historique avérée. Aujourd’hui, le monument illustre les superpositions d’usages – commercial, carcéral, muséal – typiques des édifices médiévaux réinvestis aux époques modernes.
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