Origine et histoire
L’église d’Écotay-l'Olme trouve ses origines au XIIe siècle, lorsque Bernard d’Écotay, baron local, érige une chapelle castrale sur l’éperon rocheux du village. Consacrée en 1217 par l’archevêque d’Embrun au nom de Renaud de Forez, elle est dédiée à saint Étienne et se compose alors d’une nef roman en berceau et d’une abside voûtée en cul-de-four, surmontée d’un campanile. Trois autels secondaires y sont dédiés à sainte Marguerite, saint Pancrace et au Saint-Esprit. Ce premier édifice reflète l’importance d’Écotay, l’une des quatre grandes baronnies du Forez au Moyen Âge, incluant les paroisses de Verrières et Bard.
Au milieu du XVe siècle, l’église est agrandie par une chapelle nord commanditée par Jean de Lavieu et Marguerite de Balzac d’Entragues, dont les blasons ornent les voûtes. Cette extension, accessible par une porte cintrée, marque une période de prospérité pour la seigneurie. La paroisse d’Écotay, longtemps annexe de Verrières puis de Bard, dépend spirituellement de cette dernière, dont le prieur nomme les curés et conserve les droits de sépulture. Après la Révolution, bien qu’Écotay devienne une commune civile, ses habitants restent rattachés aux paroisses voisines pour le culte.
La restauration majeure du XIXe siècle transforme radicalement l’édifice. En 1841, la paroisse est rétablie à la demande du conseil municipal, et l’abbé Jean-Marie Georges Rival, nommé curé, lance avec le maire Michel Bernard d’ambitieux travaux. L’église, partiellement effondrée en 1841, est agrandie d’un transept et d’un chœur occidental, inversant son orientation. Une tour-clocher crénelée coiffe le nouveau chœur, décoré de haut-reliefs des animaux évangéliques, tandis que l’ancienne abside reçoit des peintures néo-byzantines aujourd’hui disparues. Les plans sont établis par l’architecte départemental Trabucco, et les travaux, estimés à 4 070 francs en 1842, bénéficient en 1854 d’un don de 1 000 francs de l’impératrice Eugénie.
Les dernières modifications incluent un portail dessiné par Lassus (1855) et un porche inspiré de Viollet-le-Duc (1860), réalisé par l’architecte Favrot. L’église, classée Monument Historique en 1949, subit encore des réparations dans les années 1950-1960 : consolidation des piliers, toiture, vitraux, et percement de fenêtres dans le chœur. Ces travaux, menés par des artisans locaux comme Jean Forestier ou l’abbé Faure, achèvent de lui donner son aspect actuel, mêlant héritage roman et ajouts néo-médiévaux.
L’édifice illustre ainsi neuf siècles d’histoire, depuis sa fondation féodale jusqu’à sa renaissance au XIXe siècle, en passant par des phases d’abandon et de restauration. Son architecture hybride — nef romane, chapelle gothique, clocher néo-médiéval — témoigne des évolutions stylistiques et des enjeux communautaires liés à ce lieu de culte, aujourd’hui propriété de la commune.