Origine et histoire
L'église Saint-Gervais-et-Saint-Prothais, située à Bresles dans l'Oise, est un édifice religieux dont la nef romane du XIe siècle compte parmi les plus anciennes du Beauvaisis. Construite avec des moellons gallo-romains récupérés, elle arbore un crucifix en bas-relief sur son pignon. Les baies et portes d'origine furent bouchées au XIXe siècle, remplacées par des fenêtres néo-gothiques vers 1840. L'intérieur, marqué par un décor néo-gothique vétuste, contraste avec les parties orientales du XVIe siècle, de style gothique flamboyant tardif intégrant des motifs renaissants.
Le chœur, reconstruit après l'effondrement du clocher roman en 1581 (faisant 37 morts dont le curé), présente un plan complexe avec un vaisseau central et des collatéraux. Le clocher actuel, néo-roman, date de 1853 et remplace l'ancien clocher central. L'église, classée Monument Historique en 1988, abrite un mobilier riche, dont des statues des XVe–XVIe siècles et des vitraux des XVIe et XIXe siècles. Elle reste un lieu de culte actif, au cœur de la paroisse Saint-Louis.
L'histoire de Bresles est liée aux évêques de Beauvais, qui y possédaient une résidence d'été dès le XIe siècle. La paroisse, mentionnée comme villa episcopi en 1015, fut donnée à l'abbaye Saint-Quentin de Beauvais au XIe siècle. Le château voisin, ancienne résidence épiscopale, et l'église illustrent ce passé médiéval. Les transformations majeures (XIXe siècle) incluent le remaniement de la nef et la construction du clocher-porche, reflétant les évolutions architecturales et liturgiques.
L'intérieur se distingue par ses voûtes à liernes et tiercerons, typiques du flamboyant tardif, bien que simplifiées par rapport aux modèles beauvaisiens. Les culs-de-lampe et clés de voûte, ornés de motifs renaissants (oves, dards), marquent la transition stylistique. Malgré un éclairage naturel limité, la monumentalité des parties orientales en fait un exemple remarquable d'architecture religieuse picarde. Le mobilier, incluant 23 éléments protégés (statues, tableaux, vitraux), témoigne de sa richesse patrimoniale.
Parmi les œuvres notables, la Vierge à l'Enfant du XVe siècle (bois polychrome) et la Pietà du XVIe siècle se distinguent, bien que leur état nécessite restauration. Les vitraux, comme ceux du chevet (1875, atelier Roussel) ou les fragments du XVIe siècle, complètent ce patrimoine. La chaire baroque (XVIIIe siècle) et l'aigle-lutrin, classés, soulignent l'importance liturgique du lieu. Aujourd'hui, l'église reste un pivot spirituel et culturel pour les 14 communes de la paroisse Saint-Louis.