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Frise chronologique
vers 880
Fondation initiale
Fondation initiale
vers 880 (≈ 880)
Église fondée par l'impératrice sainte Richarde.
1180-1190
Construction romane
Construction romane
1180-1190 (≈ 1185)
Remplacement par une église romane sur fondations anciennes.
XVe siècle
Restauration gothique
Restauration gothique
XVe siècle (≈ 1550)
Modifications après pillage et incendie par Jean Wild.
1837-1838
Agrandissement néogothique
Agrandissement néogothique
1837-1838 (≈ 1838)
Allongement de la nef par Félix Griois.
1er octobre 1841
Classement monument historique
Classement monument historique
1er octobre 1841 (≈ 1841)
Protection officielle de l'édifice.
1865-1866
Remplacement du chœur
Remplacement du chœur
1865-1866 (≈ 1866)
Chœur néo-roman ajouté par Jean-Baptiste Schacre.
décembre 1944
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
décembre 1944 (≈ 1944)
Tour incendiée lors de la nuit de Noël.
années 1950
Restauration post-guerre
Restauration post-guerre
années 1950 (≈ 1950)
Reconstruction par Charles-Henri Arnhold sur fondations carolingiennes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 1er octobre 1841
Personnages clés
| Sainte Richarde - Impératrice et fondatrice |
Fonda la première église vers 880. |
| Jean Wild - Noble seigneur et bailli |
Responsable du pillage et incendie au XVe siècle. |
| Félix Griois - Architecte départemental |
Agrandit la nef en 1837-1838. |
| Jean-Baptiste Schacre - Architecte du XIXe siècle |
Conçut le chœur néo-roman en 1865-1866. |
| Charles-Henri Arnhold - Architecte des Bâtiments de France |
Dirigea la restauration des années 1950. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Sigolsheim, dans le Haut-Rhin, trouve ses origines au IXe siècle avec une première fondation attribuée à l'impératrice sainte Richarde vers 880. L'édifice actuel, de style roman, fut construit entre 1180 et 1190 en réutilisant les fondations du chœur demi-circulaire et du mur oriental de la nef de l'église primitive. Ce monument témoigne ainsi d'une continuité cultuelle sur plus d'un millénaire, avec des vestiges carolingiens ou ottoniens encore visibles.
Au XVe siècle, l'église subit d'importants dommages lors d'un pillage et d'un incendie perpétrés par Jean Wild, Grave et Sous-Bailli de l'Empire en Alsace. Les restaurations qui suivirent modifièrent partiellement son apparence : les baies romanes de la tour de croisée furent remplacées par des ouvertures gothiques en arc brisé, et une flèche vint coiffer l'édifice. Ces transformations illustrent l'évolution des styles architecturaux et les besoins de réparation après des conflits locaux.
Les XIXe et XXe siècles marquèrent des phases majeures de transformation et de restauration. Entre 1837 et 1838, l'architecte départemental Félix Griois agrandit la nef vers l'ouest, modifia les baies et ajoutait un décor néo-gothique au-dessus du portail, abritant les statues des saints Pierre et Paul. En 1865-1866, Jean-Baptiste Schacre remplaça le chœur roman par un chœur néo-roman plus spacieux, incluant une sacristie. Ces travaux reflètent les goûts architecturaux de l'époque et les besoins liturgiques croissants.
La Seconde Guerre mondiale laissa des traces profondes sur le monument : les bombardements de décembre 1944, notamment celui de la nuit de Noël, incendièrent la tour et endommagèrent gravement l'édifice. Dans les années 1950, Charles-Henri Arnhold, architecte des bâtiments de France, entreprit une restauration ambitieuse. Il restitua le volume originel du chœur primitif sur ses fondations carolingiennes ou ottoniennes, dégagées lors de fouilles, et reconstitua l'élévation romane de la tour en s'appuyant sur les vestiges des baies du XIIe siècle. La flèche fut remplacée par un toit en bâtière, et les croupes des bras du transept furent rétablies dans leur état antérieur à 1837. Ces interventions visaient à retrouver l'aspect médiéval du monument, tout en préservant les traces de son histoire mouvementée.
Classée monument historique dès 1841, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul se distingue par son architecture orientée et entièrement voûtée. La nef, à trois vaisseaux, présente une alternance de piles fortes et faibles surmontées de frises de billettes, typiques de l'art roman. Le portail occidental concentre l'essentiel du décor sculpté : ses chapiteaux représentent des animaux réels ou fantastiques dans une végétation luxuriante, tandis que le linteau arbore cinq médaillons figurant l'agneau pascal entouré des symboles des évangélistes. Le tympan, particulièrement remarquable, illustre le Christ remettant les clefs à saint Pierre et un livre à saint Paul, encadré de deux donateurs offrant une bourse et un fût de vin. Ces éléments sculptés soulignent le rôle spirituel et communautaire de l'édifice à travers les siècles.
Les restaurations successives ont également mis au jour des détails architecturaux significatifs, comme les deux consoles du comble nord représentant des bustes d'hommes et des dragons ailés, ou le tympan gravé de la porte nord du transept. Les chapiteaux de la porte sud, sculptés, ainsi que les frises d'arceaux ornés de têtes d'hommes et de chats sur les élévations, témoignent de la richesse iconographique de l'édifice. Ces découvertes, combinées aux archives et aux fouilles, permettent de retracer les différentes phases de construction et de réparation, offrant un aperçu unique de l'évolution des techniques et des styles en Alsace depuis le Moyen Âge.