Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame-de-l’Assomption de Châtres, située à Saint-Brice en Charente, fut fondée entre l’an 1000 et 1077, selon les sources, par un seigneur de Bourg-Charente ou Arnaud Taillefer, comte d’Angoulême. Son abbatiale romane, construite au XIIe siècle, est un exemple remarquable d’église à coupoles de Saintonge, avec une nef unique couverte de trois coupoles sur pendentifs. L’édifice, enrichi par un disciple de Robert d’Arbrissel, abritait des chanoines réguliers de saint Augustin vivant en communauté sous le vow de pauvreté.
L’histoire de l’abbaye est marquée par des destructions successives. L’abside romane fut détruite pendant la guerre de Cent Ans, tandis qu’en 1562, un incendie ravagea le bras nord du transept et des bâtiments conventuels lors des guerres de Religion. À la Révolution, la communauté fut supprimée en 1791, et les lieux, vendus comme biens nationaux en 1795, devinrent une manufacture puis une exploitation agricole, effaçant une grande partie des vestiges conventuels. Seuls subsistent aujourd’hui l’église, une chapelle du XVe siècle (absidiole sud), et quelques traces des bâtiments conventuels.
Classée monument historique en 1948, l’église se distingue par sa façade à trois registres ornée d’arcatures et de chapiteaux sculptés de rinceaux, ainsi que par son portail polylobé. La nef, longue de 45 mètres, alterne coupoles et pendentifs, tandis que le chœur, reconstruit au XIVe siècle après la destruction de l’abside, est voûté d’ogives. Des fresques polychromes, redécouvertes lors de rénovations en 2017, et un spectacle son et lumière local ont contribué à valoriser ce patrimoine. Des visites guidées y sont organisées en été.
L’architecture sobre de l’élévation contraste avec la richesse décorative de la façade, flanquée de contreforts-colonnes. Le transept, partiellement détruit, conserve une coupole similaire à celle de la nef, tandis que le clocher, autrefois présent, a été rasé. Les murs gouttereaux sont renforcés par des arcs brisés, et le chevet plat du chœur, éclairé par une baie en tiers-point, date du XIVe siècle. Les vestiges actuels rappellent son passé religieux et les aléas de son histoire, entre fondations médiévales et transformations post-révolutionnaires.