Frise chronologique
XIIIe siècle
Fondation bénédictine
Fondation bénédictine
XIIIe siècle (≈ 1350)
Dépendance initiale des bénédictins de Gorgone.
1375
Rattachement à Calci
Rattachement à Calci
1375 (≈ 1375)
Passage sous la chartreuse de Calci (Pise).
XVIe–XVIIe siècles
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
XVIe–XVIIe siècles (≈ 1750)
Travaux post-1569 pour rénover l’édifice dégradé.
3e quart du XVIIe siècle
Première campagne de travaux
Première campagne de travaux
3e quart du XVIIe siècle (≈ 1762)
Agrandissement et remaniement partiel.
1er quart du XVIIIe siècle
Seconde campagne de travaux
Seconde campagne de travaux
1er quart du XVIIIe siècle (≈ 1825)
Ajout des chapelles latérales par Campana et Rovere.
1926
Inscription MH
Inscription MH
1926 (≈ 1926)
Protection au titre des monuments historiques.
milieu du XIXe siècle
Restauration par Solari
Restauration par Solari
milieu du XIXe siècle (≈ 1950)
Travaux menés par Jean-Baptiste Solari.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 17 décembre 1926
Personnages clés
| Pasquino Campana - Maître-maçon |
Intervient lors des travaux du XVIIIe siècle. |
| Clemente Rovere - Maître-maçon milanais |
Participe aux travaux du XVIIIe siècle. |
| Jean-Baptiste Solari - Maître-maçon du XIXe siècle |
Responsable de la restauration de 1850. |
| Luigi Bruneti - Peintre attribué |
Auteur présumé du tableau de Sainte Lucie. |
| Recteur Antonetto - Clergé local (XVIe siècle) |
Signale l’état dégradé en 1569. |
Origine et histoire
L'église de l'Annonciade de Venzolasca, située dans la commune de Venzolasca en Haute-Corse, est un édifice religieux construit au XVIIIe siècle. Elle incarne le style architectural classique introduit par les Génois en Corse, caractérisé par une façade ordonnancée, un clocher-tour à cinq étages et une nef unique flanquée de chapelles latérales. Son plan allongé, son vaisseau voûté en berceau à lunettes et son décor intérieur en plâtre peint et doré reflètent l’influence italienne de l’époque.
L’église dépendait initialement des bénédictins de l’île de Gorgone, puis de la chartreuse de Calci (Pise) à partir de 1375. En 1569, elle était en mauvais état, comme le signale le recteur Antonetto. Partiellement reconstruite à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, elle a fait l’objet de deux campagnes majeures de travaux : la première au troisième quart du XVIIe siècle, et la seconde au premier quart du XVIIIe siècle, avec l’intervention des maîtres-maçons Pasquino Campana et Clemente Rovere. Ces travaux ont permis d’ajouter huit chapelles latérales et de remodeler le chœur.
Au milieu du XIXe siècle, l’église a été restaurée par le maître-maçon Jean-Baptiste Solari, suivie de travaux d’entretien réguliers jusqu’à nos jours. Inscrite aux monuments historiques depuis 1926, elle abrite un tableau attribué à Luigi Bruneti, représentant Sainte Lucie intercédant auprès de la Très Sainte Trinité pour les âmes du Purgatoire, protégé au titre des objets mobiliers. Son architecture et son histoire en font un témoignage précieux du patrimoine religieux corse sous influence génoise.
Venzolasca, où se situe l’église, est un bourg rural de Haute-Corse, marqué par une occupation humaine remontant au néolithique. La commune, autrefois organisée autour d’un village perché pour se protéger des invasions, s’est étendue vers la plaine et le littoral, notamment autour du quartier Arena. Son économie, historiquement liée à l’agriculture et à la sidérurgie locale (comme en témoigne la forge de Querciolo), a évolué avec son intégration à l’aire urbaine de Bastia.
Le couvent Saint-François, voisin de l’église et aujourd’hui en ruine, illustre également l’héritage franciscain de la région. Fondé au XVIe siècle sur les bases d’un établissement du XIIIe siècle, il fut agrandi par les franciscains réformés au XVIIe siècle. Ces éléments historiques et architecturaux soulignent le rôle central de Venzolasca dans le patrimoine religieux et culturel de la Casinca, une microrégion de la plaine orientale corse.