Frise chronologique
8-10 octobre 1768
Bataille de Borgo
Bataille de Borgo
8-10 octobre 1768 (≈ 9)
Affrontement entre milices paolistes et armées françaises
13 décembre 1738
Bataille des « Vêpres corses »
Bataille des « Vêpres corses »
13 décembre 1738 (≈ 1738)
Défaite française face aux insurgés corses
XVIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XVIIe siècle (≈ 1750)
Édification en style baroque corse
14 novembre 1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
14 novembre 1988 (≈ 1988)
Protection officielle de l'édifice et de son mobilier
9 août 1994
Création de la réserve naturelle de l'étang de Biguglia
Création de la réserve naturelle de l'étang de Biguglia
9 août 1994 (≈ 1994)
Protection de la zone humide adjacente
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de l'Annonciation (cad. D 1054) : classement par arrêté du 14 novembre 1988
Personnages clés
| Pascal Paoli - Chef des milices corses |
Menait la résistance lors de la bataille de 1768 |
| François-Antoine Gaffori - Capitaine des milices paolistes |
Participa à la bataille de Borgo en 1768 |
| Charles François Dumouriez - Officier français |
Témoin de la bataille de 1768, critique des opérations |
| Comte de Boissieux - Général français |
Commandait les troupes lors des Vêpres corses (1738) |
Origine et histoire
L'église de l'Annonciation (L'Annunziata) de Borgo, construite au XVIIe siècle, est un joyau de l'architecture baroque corse. Classée Monument Historique en 1988, elle se distingue par sa façade à trois niveaux ornée de pilastres et de décors sculptés, ainsi que par son clocher massif tronqué surmonté d'un campanile en fer forgé. L'intérieur, richement décoré de gypseries et de peintures néo-classiques, abrite des œuvres protégées comme des lanternes de procession du XIXe siècle et un meuble de sacristie du début XVIIIe siècle, probablement issu du couvent franciscain voisin de Lucciana.
Le village de Borgo, perché à 320 mètres d'altitude sur une crête schisteuse, s'est développé comme un lieu de refuge face aux invasions barbares et aux raids pirates qui ravagèrent la côte orientale corse après la chute de l'Empire romain. La position stratégique du village, offrant une vue imprenable sur la plaine de la Marana et la mer Tyrrhénienne, en fit un point de contrôle majeur de la piève de Marana, dont il devint le chef-lieu historique. L'église, située au cœur de ce village fortifié, symbolisait à la fois la résistance communautaire et le pouvoir spirituel local.
Au XVIIIe siècle, Borgo fut le théâtre de deux batailles marquantes contre les forces franco-génoises. En 1738, lors des « Vêpres corses », les troupes françaises subirent une défaite face aux insurgés corses, un épisode commémoré par un monument aux morts près de l'église. En 1768, la bataille de Borgo opposa à nouveau les milices de Pascal Paoli aux armées royales françaises, renforçant la légende de résistance du village. Ces conflits, liés à la quête d'indépendance corse, ont ancré l'église et son environnement dans l'histoire militaire et politique de l'île.
L'édifice s'inscrit aussi dans un paysage contrasté, entre le massif schisteux de Stella à l'ouest et le cordon lagunaire de la Marana à l'est, où se développe aujourd'hui une activité touristique dynamique. La plaine fertile, autrefois exploitée pour ses cultures maraîchères, et l'étang de Biguglia, réserve naturelle majeure, complètent ce cadre où patrimoine historique et biodiversité coexistent. L'église reste un symbole de l'identité borghjaisse, entre héritage baroque, mémoire des luttes indépendantes et ancrage dans un territoire géographiquement stratégique.
Architecturalement, l'église se caractérise par son plan rectangulaire prolongé d'un chœur à chevet plat, une élévation rythmée par des pilastres composites, et une voûte à pénétration ornée de lunettes. La façade, d'inspiration baroque, présente un portail en plein cintre surmonté d'une baie quadrilobée, le tout encadré par des ailerons chantournés. Ces éléments stylistiques, combinés à des matériaux locaux comme le schiste, illustrent l'adaptation des courants artistiques européens aux ressources et savoir-faire corses du XVIIe siècle.