Frise chronologique
XIe siècle
Fondation du monastère
Fondation du monastère
XIe siècle (≈ 1150)
Construction initiale par les bénédictins de Saint-Martin.
XIIe siècle
Remaniement de la nef
Remaniement de la nef
XIIe siècle (≈ 1250)
Ajout des collatéraux et modification du transept.
XIVe siècle
Occupation anglaise
Occupation anglaise
XIVe siècle (≈ 1450)
Fortification du monastère pendant la guerre de Cent Ans.
XVIe siècle
Fin de la vie monastique
Fin de la vie monastique
XVIe siècle (≈ 1650)
Remplacement des moines par des prêtres séculiers.
1804
Réouverture après la Révolution
Réouverture après la Révolution
1804 (≈ 1804)
Rétablissement du culte sous le Concordat.
3 mars 1979
Classement monument historique
Classement monument historique
3 mars 1979 (≈ 1979)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de l'Assomption (cad. AD 137) : classement par arrêté du 21 mars 1979
Personnages clés
| Héraclius - Évêque de Bigorre |
Commanditaire présumé de la fondation du monastère. |
| Bernard - Comte de Bigorre |
Cofondateur du monastère avec Héraclius. |
| Dom Estiennot - Moine historien (XVIIe s.) |
Auteur d'un manuscrit sur l'origine de l'église. |
| Sylvain Doussau - Archéologue (XXe s.) |
Dirigea les fouilles de 1983-1985. |
| Paul Mesplé - Historien local |
Spécialiste de l'église et de son histoire. |
Origine et histoire
L'église de l'Assomption de Maubourguet, aussi appelée église Saint-Martin, est un édifice religieux catholique construit au XIe siècle. Située au centre-ville sur la rive gauche de l'Adour, elle marque une étape sur la via Tolosane, l'un des quatre chemins français menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Son histoire est liée au monastère bénédictin de Saint-Martin de Celle, dont elle était la prieurale, fondé selon la tradition par des moines venus d'Alet (Aude) à la demande d'Héraclius, évêque de Bigorre, et du comte Bernard.
Des fouilles archéologiques menées entre 1983 et 1985 ont révélé des occupations antérieures du site : traces néolithiques, protohistoriques, une basilique du VIe siècle et une église carolingienne. L'édifice actuel conserve des éléments romans majeurs, comme le chœur et les absidioles du XIe siècle, tandis que la nef et le transept furent remaniés au XIIe siècle. Pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais occupèrent et fortifièrent le monastère, ajoutant remparts et tours. Les guerres de Religion au XVIe siècle laissèrent le monastère en ruines, remplaçant les moines par des prêtres séculiers.
Au XVIIIe siècle, l'église changea de vocable pour être dédiée à l'Assomption de Notre-Dame. Fermée pendant la Révolution, elle rouvrit en 1804 après des restaurations majeures au XIXe siècle, modifiant partiellement son apparence d'origine. Classée monument historique en 1979, elle allie aujourd'hui des éléments romans (portail sud du XIIe siècle orné de frises et de modillons) et des traces des transformations médiévales et modernes. Son plan, inspiré des églises catalanes comme Sant Pere de Rodes, témoigne des échanges artistiques de l'époque.
Architecturalement, l'église se distingue par son chevet à trois absides semi-circulaires, renforcé de contreforts massifs typiques de la région (galets noyés dans du mortier). La nef, initialement unique, fut élargie au XIIe siècle par des collatéraux. La tour-lanterne octogonale sur la croisée du transept, ajoutée au XIVe siècle, et les voûtes refaites à cette période illustrent les adaptations successives du bâtiment. Les dimensions imposantes (38,30 m de long) en font un édifice majeur du patrimoine religieux gascon.
Les campagnes de restauration des XIXe et XXe siècles (années 1980) visèrent à préserver ce patrimoine, tout en révélant des éléments archéologiques clés. Les études de Sylvain Doussau et Paul Mesplé ont éclairé son histoire complexe, liée aux pèlerinages, aux conflits franco-anglais et aux évolutions liturgiques. Aujourd'hui, l'église reste un symbole de la richesse historique de Maubourguet, entre héritage monastique et rôle paroissial.