Origine et histoire de l'Église de l'Assomption-de-Notre-Dame
L’église de l’Assomption-de-Notre-Dame de Morez, érigée au début du XIXe siècle, remplace un édifice du XVIIIe siècle devenu trop exigu pour la population grandissante de Morez. En 1810, un terrain est choisi et nivelé, mais ce n’est qu’en 1814 que le projet de l’architecte Denis-Philibert Lapret est retenu. Après sa mort en 1821, Claude-Marie Dalloz reprend le chantier et modifie substantiellement les plans, notamment en remplaçant le clocher central par deux tours et en ajoutant des colonnes corinthiennes à la nef. L’église est finalement consacrée en 1827, dominée par un péristyle néo-classique et un fronton triangulaire orné d’une horloge signée Francis Paget et cie, fabricant local.
Le mobilier intérieur, incluant les stalles et les lambris du chœur, est conçu et réalisé par François-Ignace Besand et son fils Claude-François Besand, artisans renommés de la région. L’orgue, daté de 1840, est classé au titre des monuments historiques, tandis que la cloche la plus lourde, logée dans la tour sud, pèse plus de trois tonnes. L’édifice, construit en pierre de taille blanche, allie fausses voûtes en bois (berceau à caissons pour la nef, cul-de-four pour le chœur) et une couverture initiale en tuiles de fonte, remplacée par du zinc en 1949 après des problèmes d’étanchéité.
Classée monument historique en 2009, l’église symbolise l’essor urbain et industriel de Morez au XIXe siècle, alors centre horloger majeur. Son financement, en partie issu d’une souscription publique ouverte de 1809 à 1820, reflète l’engagement communautaire. Les modifications apportées par Dalloz, comme l’ajout d’une tribune au-dessus des sacristies ou le rehaussement du porche, répondaient à des besoins liturgiques et esthétiques, tout en intégrant des innovations techniques pour l’époque.
L’inscription S : DEIPARAE VIRGINI SACRUM (« Consacré à la Vierge Mère de Dieu »), gravée au-dessus du portail, rappelle la vocation religieuse de l’édifice. Son architecture, mêlant rigueur néo-classique et détails locaux (comme les tavaillons en bois sous les tuiles), en fait un témoignage remarquable du patrimoine francomtois, lié à l’histoire sociale et économique de la ville.