Frise chronologique
vers 255
Martyre de saint Dalmas
Martyre de saint Dalmas
vers 255 (≈ 255)
Évangélisateur décapité près du col de Fenestre.
610-614
Fondation de l’abbaye San Dalmazzo
Fondation de l’abbaye San Dalmazzo
610-614 (≈ 612)
Par Théodelinde et le pape Grégoire le Grand.
906
Transfert des reliques
Transfert des reliques
906 (≈ 906)
Reliques de saint Dalmas déplacées à Quargnento.
1060
Première mention de l’église
Première mention de l’église
1060 (≈ 1060)
Donation des seigneurs Rostaing et Adélaïde.
1100-1150
Réception de la relique
Réception de la relique
1100-1150 (≈ 1125)
L’église obtient un fragment de la Sainte Croix.
1494, 1556, 1564
Séismes destructeurs
Séismes destructeurs
1494, 1556, 1564 (≈ 1564)
Glissements de terrain et effondrement du clocher.
1569
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1569 (≈ 1569)
Dans la première travée du collatéral nord.
1738
Ajout des voûtes d’arêtes
Ajout des voûtes d’arêtes
1738 (≈ 1738)
Stabilisation avec contreforts extérieurs.
1943
Classement monument historique
Classement monument historique
1943 (≈ 1943)
Protection de l’édifice et de ses cloches.
1978-1998
Fouilles et restauration
Fouilles et restauration
1978-1998 (≈ 1988)
Rétablissement des cryptes et du sol d’origine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Dalmas-du-Plan : classement par arrêté du 19 mars 1943
Personnages clés
| Dalmace de Pavie - Missionnaire et martyr |
Évangélisateur des Alpes, patron de l’église. |
| Théodelinde de Bavière - Reine des Lombards |
Fonda l’abbaye San Dalmazzo vers 610. |
| Pape Grégoire le Grand - Initiateur de l’abbaye |
Envoya des Bénédictins à Pedona. |
| Rostaing et Adélaïde - Seigneurs du Valdeblore |
Donateurs de l’église en 1060. |
| Innocent IV - Pape (1243-1254) |
Confirma la possession de l’église en 1246. |
| Jean-Claude Yarmola - Architecte en chef |
Dirigea les restaurations (1978-1998). |
Origine et histoire
L’église de l’Invention-de-la-Sainte-Croix, située à Saint-Dalmas-Valdeblore (Alpes-Maritimes), est un rare exemple d’art roman lombard en France. Mentionnée dès 1060 comme prieuré dépendant de l’abbaye San Dalmazzo da Pedona en Italie, elle était initialement dédiée à saint Dalmas, évangélisateur des Alpes martyrisé vers 255. Son architecture, avec nef à trois vaisseaux et cryptes souterraines, date probablement du XIe siècle, comme le suggèrent les comparaisons avec des églises italiennes similaires. Les peintures murales des absidioles, découvertes lors de fouilles, remontent au XIIe siècle.
Au Moyen Âge, l’église fut un lieu de pèlerinage lié à la relique de la Sainte Croix, reçue entre 1100 et 1150, ce qui lui valu son nom actuel. Les séismes répétés (1494, 1556, 1564) endommagèrent la structure, entraînant des remblaiements partiels et la transformation d’une crypte en ossuaire. Au XVIIIe siècle, des voûtes d’arêtes et des contreforts furent ajoutés pour stabiliser l’édifice, tandis que le clocher, effondré en 1564, fut reconstruit en 1569. Classée monument historique en 1943, l’église a bénéficié de restaurations majeures à partir de 1978, révélant ses cryptes et rétablissant son sol d’origine.
Saint Dalmas, figure centrale de l’histoire du lieu, serait Dalmace de Pavie, un missionnaire italien du IIIe siècle. Selon la légende, il fut décapité par des brigands près du col de Fenestre, puis son corps, transporté par des génisses, s’arrêta à Pedona (actuel Borgo San Dalmazzo), où une abbaye bénédictine fut fondée en son honneur vers 610-614. Cette abbaye, pillée par les Sarrasins au Xe siècle, reconstitua son réseau de prieurés après 985, dont celui de Valdeblore. La donation de 1060 par les seigneurs Rostaing et Adélaïde marque l’ancrage local de l’église, alors intégrée au diocèse de Nice.
Les fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges uniques, comme les fresques du XIIe siècle et les trois cryptes, dont la centrale, contemporaine de l’église. La crypte nord, comblée par un glissement de terrain, fut redécouverte en 1978. Les travaux de restauration, dirigés par l’architecte Jean-Claude Yarmola, ont permis de retrouver le niveau d’origine du sol et de réhabiliter les accès aux cryptes. L’édifice illustre ainsi l’évolution architecturale et cultuelle d’un prieuré alpin, marqué par les tremblements de terre et les adaptations liturgiques.
Le clocher, reconstruit en 1740 après son effondrement en 1564, et les voûtes du XVIIIe siècle témoignent des réparations successives. Les cloches, classées parmi les objets mobiliers, soulignent l’importance patrimoniale du site. Aujourd’hui, l’église reste un témoin majeur de l’histoire religieuse et artistique des Alpes-Maritimes, mêlant influences lombardes, cultes médiévaux et résilience face aux catastrophes naturelles.