Frise chronologique
1745
Autorisation de vente des bois communaux
Autorisation de vente des bois communaux
1745 (≈ 1745)
Financement initial par le Conseil d’État.
13 mai 1746
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
13 mai 1746 (≈ 1746)
Cérémonie dirigée par Humbert.
8 novembre 1747
Bénédiction de l’église
Bénédiction de l’église
8 novembre 1747 (≈ 1747)
Inauguration avant achèvement total.
1760
Installation des retables
Installation des retables
1760 (≈ 1760)
Œuvres de Claude Charles Garnier.
17 novembre 1998
Classement monument historique
Classement monument historique
17 novembre 1998 (≈ 1998)
Protection officielle de l’édifice.
2011–2012
Restauration de la charpente
Restauration de la charpente
2011–2012 (≈ 2012)
Travaux dirigés par Richard Duplat.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. C 113) : classement par arrêté du 17 novembre 1998
Personnages clés
| Pierre Nicolas Humbert - Curé et initiateur du projet |
Supervisa construction et décoration. |
| Pierre Joseph Amodru - Entrepreneur bisontin |
Adjudicataire des travaux en 1745. |
| Nicolas Nicole - Architecte présumé |
Inspira probablement les plans. |
| Claude Charles Garnier - Sculpteur des retables |
Auteur du mobilier baroque (1760). |
| Louis Bénigne de Bauffremont - Ancien propriétaire du terrain |
Vendit le site à la paroisse. |
| Philibert Durand d'Auxy - Grand maître des Eaux et Forêts |
Organisa l’adjudication des bois. |
Origine et histoire
L’église de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste de Traves, située dans le département de la Haute-Saône, a été construite entre 1746 et 1749 sous l’impulsion du curé Pierre Nicolas Humbert, membre de la communauté des prêtres missionnaires de Beaupré. Son édification fut rendue possible grâce à la vente de bois communaux, autorisée par le Conseil d’État en 1745, et à l’adjudication des travaux à l’entrepreneur bisontin Pierre Joseph Amodru pour 16 000 livres. Le terrain fut acquis auprès du marquis Louis Bénigne de Bauffremont, et la première pierre fut posée le 13 mai 1746. Bien que l’architecte reste inconnu, le plan centré en croix grecque et la coupole s’inspirent probablement des dessins de Nicolas Nicole, collaborateur du curé Humbert.
La construction mobilisa les habitants de Traves et de Bucey-lès-Traves, avec un financement complémentaire issu d’une seconde vente de bois en janvier 1746. L’église fut bénie le 8 novembre 1747, mais les travaux du presbytère se poursuivirent jusqu’en 1749. Malgré le départ de Humbert en 1748, il supervisa à distance la décoration intérieure, incluant les retables sculptés par Claude Charles Garnier (1720–1776) et installés en 1760. Le mobilier, les statues et les ferronneries du XVIIIe siècle, ainsi que la coupole peinte par Joseph Garret en 1880, témoignent de ce patrimoine baroque préservé.
Classée monument historique en 1998, l’église a subi des restaurations notables : ajout d’un lanternon au clocher par Louis Moreau en 1829, rehaussement des dorures et peintures intérieures sous la direction des architectes Lebeuffe et Renahy en 1840, et rénovation complète de la charpente et de la toiture par Richard Duplat entre 2011 et 2012. Son plan audacieux, rare en Franche-Comté, et son histoire liée à la gestion forestière royale sous Colbert en font un témoignage unique de l’art religieux des Lumières.
L’édifice, propriété de la commune, abrite un cimetière attenant et conserve un clocher-porche typique de la région. Son mobilier, inscrit aux monuments historiques depuis 1959, et son architecture centrée en font un lieu emblématique du patrimoine haut-saônois, étudié notamment par l’historien Jean-Louis Langrognet dans le cadre du Congrès archéologique de France (2020).