Frise chronologique
1313
Première mention écrite
Première mention écrite
1313 (≈ 1313)
« Parochia de Varenis » attestée.
XIVe siècle
Construction de l’église
Construction de l’église
XIVe siècle (≈ 1450)
Façade ouest et portail gothique.
1567
Destruction par les huguenots
Destruction par les huguenots
1567 (≈ 1567)
Village et église rasés pendant les Guerres de religion.
1657
Ruine définitive
Ruine définitive
1657 (≈ 1657)
Abandon après destruction (source Monumentum).
29 août 1977
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
29 août 1977 (≈ 1977)
Inscription des vestiges à l’inventaire supplémentaire.
2009
Acquisition par la commune
Acquisition par la commune
2009 (≈ 2009)
Début des travaux de restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Varenne (restes de l'ancienne) : inscription par arrêté du 29 août 1977
Personnages clés
| Jean Bohic - Curé de Varennes |
Desservant la paroisse (1463–1465). |
| Pierre Bouchier - Curé de Varennes |
En fonction en 1498. |
| Jacques Lemesle - Curé et secrétaire épiscopal |
Desservant (1518–1519). |
| Jean Rouault - Évêque de Rouanne |
Ancien curé de Varennes (1521). |
| Jean Esnault - Dernier curé connu |
Avant la destruction (1558). |
| Célestin Port - Historien local |
A rapporté la tradition du bas-relief réutilisé. |
Origine et histoire
L’église de la Madeleine-et-Saint-Jean de Varenne, située à Louresse-Rochemenier en Maine-et-Loire, est un vestige médiéval dont la fondation remonte au moins au XIIIe siècle, comme en témoigne une mention de 1313 (« Parochia de Varenis »). Dédiée à sainte Madeleine et saint Jean, elle était le cœur d’un village de 300 habitants, Varennes, aujourd’hui disparu. Les ruines actuelles, réduites à la façade ouest et son portail gothique, datent principalement du XIVe siècle, avec des éléments architecturaux comme des contreforts à étages et un gâble orné de choux frisés.
En 1567, pendant les Guerres de religion, le village et son église furent détruits par des troupes huguenotes. Aucune reconstruction n’eut lieu : les survivants se réfugient dans les carrières troglodytiques voisines de Rochemenier, où la chapelle Sainte-Émerance reprend le service paroissial. L’église, abandonnée, se dégrade jusqu’à n’offrir que des ruines, dont un clocher-mur sans cloche et un bas-relief roman (peut-être issu de l’édifice) réutilisé au château voisin du Pont-de-Varenne.
Les vestiges, acquis par la commune en 2009, ont été consolidés grâce à des financements locaux et à la Fondation du Patrimoine. Le site, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1977, conserve des traces de son histoire tragique, comme les fondations en falun et schiste, liées par un mortier remarquable. À proximité, le château du Pont-de-Varenne (XVe siècle) et la tradition du « Saut des mariés » (rite seigneurial imposé aux nouveaux époux) rappellent le lien féodal entre ces lieux.
Architecturalement, le portail se distingue par une baie tréflée encadrée de voussures ogivales, surmontée d’un quadrilobe. Les contreforts récents, ajoutés pour stabiliser la façade, témoignent des efforts de préservation. Les matériaux — grison, schiste, et mortier de chaux — révèlent des techniques de construction médiévales adaptées aux ressources locales (falun de Doué-la-Fontaine).
Le déclin de Varennes illustre les conséquences des conflits religieux sur les campagnes angevines. L’abandon de l’église au profit des habitats troglodytiques de Rochemenier marque une adaptation forcée, tandis que la survie de ruines, comme le bas-relief roman, offre un rare témoignage de l’art sacré disparu. Aujourd’hui, le site invite à découvrir un patrimoine à la fois fragile et chargé d’histoire.