Frise chronologique
452
Consécration de l'édifice primitif
Consécration de l'édifice primitif
452 (≈ 452)
Par l'archevêque Ravennius lors du 3e concile.
554
5e concile d'Arles
5e concile d'Arles
554 (≈ 554)
Sous Childebert Ier dans l'église primitive.
1152
Début de la reconstruction romane
Début de la reconstruction romane
1152 (≈ 1152)
Trois travées de nef encore visibles aujourd’hui.
1551
Érection en collégiale
Érection en collégiale
1551 (≈ 1551)
Bulle du pape Jules III jusqu’à la Révolution.
1579
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1579 (≈ 1579)
Forme actuelle avec pyramide et Vierge ajoutée en 1867.
1944
Bombardements et dommages
Bombardements et dommages
1944 (≈ 1944)
Nécéssite des restaurations (1980-1988).
20 juillet 1945
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
20 juillet 1945 (≈ 1945)
Après inscription initiale en 1932.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Major : classement par arrêté du 20 juillet 1945
Personnages clés
| Ravennius - Archevêque d'Arles |
Consacre l’église primitive en 452. |
| Jules III - Pape (1550-1555) |
Érige l’église en collégiale en 1551. |
| Pierre Piau - Maître-maçon arlésien |
Auteur de l’escalier Renaissance (1589). |
| Emmanuel Carvalho - Sculpteur lisbonnais |
Réalise chaire et maître-autel (XVIIIe siècle). |
| Raffaele Monti - Sculpteur italien |
Auteur de la Vierge à l’Enfant (XIXe siècle). |
| Louis d'Aube de Roquemartine - Évêque et prévôt |
Commanditaire d’un retable (XVIIe siècle). |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-la-Major d'Arles, aussi appelée Église de la Major, trouve ses origines dans un édifice primitif consacré en 452 par l'archevêque Ravennius lors du troisième concile d'Arles. Ce premier lieu de culte, dédié à Sainte-Marie-Majeure, fut bâti sur les vestiges d’un temple romain voué à Cybèle, comme en témoignent des artefacts conservés au musée départemental de l'Arles antique. L’église accueillit même le 5e concile d’Arles en 554 sous Childebert Ier.
La reconstruction de l’édifice en style roman provençal débuta en 1152, dont il subsiste aujourd’hui les trois travées de la nef. Devenue collégiale en 1551 par une bulle du pape Jules III, l’église connut d’importantes transformations : reconstruction du chœur et de l’abside au XVIe siècle, édification du clocher carré surmonté d’une pyramide en 1579, et ajout d’une Vierge à l’Enfant en 1867. Les chapelles latérales, quant à elles, furent ajoutées entre les XVIe et XVIIe siècles, tandis que la façade fut refaite au début du XVIIe dans un style Louis XIII.
L’église abritait des reliques prestigieuses, comme une mandibule de saint Marc offerte par Venise en remerciement d’une aide alimentaire, aujourd’hui disparue. Elle fut également le siège de confréries locales, dont celle des bergers (Saint Véran) puis des gardians de Saint-Georges, qui y célèbrent toujours leur pèlerinage annuel le 1er mai. Classée Monument Historique en 1945 après des dommages subis lors des bombardements de 1944, elle a bénéficié de restaurations majeures entre 1980 et 1988 pour consolider ses fondations.
Son intérieur recèle un mobilier remarquable, dont des retables en marbre polychrome, des statues classées (comme celle de saint Georges terrassant le dragon), et des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles issus de couvents arlésiens. L’orgue, installé en 1698 et remanié à plusieurs reprises, témoigne aussi de son riche patrimoine. Les stalles du chœur, sculptées en 1716 par Jean-Baptiste Laroche, et les lambris en noyer complètent cet ensemble artistique.
L’église de la Major illustre ainsi près de seize siècles d’histoire religieuse et architecturale, depuis ses fondations paléochrétiennes jusqu’à son rôle actuel comme lieu de culte et de mémoire pour les traditions provençales, notamment celles liées à la Camargue et à ses gardians.