Première mention écrite 1184 (≈ 1184)
Attestation sous le nom Sainte-Marie Majeure.
entre 1355 et 1404
Siège du chapitre Saint-Etienne
Siège du chapitre Saint-Etienne entre 1355 et 1404 (≈ 1404)
Période d'importance religieuse accrue.
XVIIe siècle
Réaménagement du chevet et des chapelles
Réaménagement du chevet et des chapelles XVIIe siècle (≈ 1750)
Ajout d'un retable et séparation du chevet.
1793
Vente révolutionnaire
Vente révolutionnaire 1793 (≈ 1793)
Église et dépendances vendues par lots.
1823
Rachat par la confrérie des Pèlerins
Rachat par la confrérie des Pèlerins 1823 (≈ 1823)
Partie ouest acquise et renommée.
1982
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques 1982 (≈ 1982)
Découverte de vestiges paléochrétiens et romans.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Major (ancienne) (cad. AD 291) : inscription par arrêté du 31 décembre 1946
Personnages clés
Confrérie des Pèlerins - Acquéreur en 1823
Rachat partiel et renommage de l'édifice.
Sœurs franciscaines missionnaires de Marie - Occupantes au XXe siècle
Transformation en maison d'éducation.
Origine et histoire de l'Église de la Major
L'église de la Major de Narbonne, mentionnée dès 1184 sous le vocable de Sainte-Marie Majeure, présente une architecture mêlant influences romanes et gothiques. La partie inférieure du chevet, polygonale et ornée d'arcades en plein cintre, date du XIIe siècle, tandis que les chapiteaux romans en sont les vestiges les plus anciens. Les voûtes d'ogives du clocher, caractéristiques de la fin du XIIIe siècle, contrastent avec le portail méridional, typique du style audois du XIVe siècle, marqué par des culots feuillagés et des voussures.
Au XIVe siècle, l'église devint le siège du chapitre de Saint-Etienne (entre 1355 et 1404), avant d'être transformée en rectorie unie à la mense capitulaire de Saint-Just. Au XVIIe siècle, des modifications majeures furent apportées : le chevet fut séparé de la nef par un mur pour accueillir un grand retable, et les chapelles latérales furent réaménagées. Ces transformations reflètent son adaptation aux besoins liturgiques et communautaires de l'époque.
L'histoire de l'édifice fut également marquée par des périodes de déclin et de réutilisation. En 1793, l'église, son cimetière et ses dépendances furent vendus par lots, puis partiellement rachetés en 1823 par la confrérie des Pèlerins, qui lui donna son nom actuel. Au XXe siècle, elle fut occupée par les sœurs franciscaines missionnaires de Marie, qui en firent une maison d'éducation pour jeunes filles. Des fouilles en 1982 révélèrent des traces d'un édifice cultuel paléochrétien et des fondations romanes, attestant de son occupation ancienne.
L'architecture de l'église révèle une superfposition de styles et d'usages. La nef unique, couverte d'une charpente en bois sur arcs diaphragmes, contraste avec les chapelles latérales ajoutées au XVIIe siècle, ouvertes par des arcs en anse de panier. Le portail sud, typique de l'Aude du XIVe siècle, est abrité par un porche voûté d'ogives reposant sur des culs-de-lampe sculptés. Ces éléments illustrent les évolutions artistiques et fonctionnelles de l'édifice au fil des siècles.
L'église de la Major incarne ainsi près de neuf siècles d'histoire religieuse et architecturale, depuis ses origines romanes jusqu'à ses transformations gothiques et classiques. Son occupation continue, malgré les ventes et morcellements post-révolutionnaires, témoigne de son ancrage dans le patrimoine narbonnais. Aujourd'hui, elle reste un exemple remarquable d'adaptation et de résilience d'un édifice cultuel à travers les âges.