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Frise chronologique
1648–1673
Construction initiale
Construction initiale
1648–1673 (≈ 1661)
Édifiée par les Lazaristes sous Louis XIV.
1791–1794
Utilisation protestante
Utilisation protestante
1791–1794 (≈ 1793)
Premier temple officiel après l’édit de 1787.
1839
Retour des Jésuites
Retour des Jésuites
1839 (≈ 1839)
Confiée par Mgr de Mazenod.
1860
Façade actuelle
Façade actuelle
1860 (≈ 1860)
Réalisée par Désiré Michel.
1901
Fermeture au culte
Fermeture au culte
1901 (≈ 1901)
Expulsion des Jésuites par les lois anticongrégationnistes.
1984
Retour au culte
Retour au culte
1984 (≈ 1984)
Confiée à la Fraternité Saint-Pie-X.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Mission de France (ancienne) (cad. D 139) : inscription par arrêté du 8 décembre 1965
Personnages clés
| Saint Vincent de Paul - Fondateur des Lazaristes |
Congrégation à l’origine de l’église. |
| Eugène de Mazenod - Évêque de Marseille |
Rétablit les Jésuites en 1839. |
| Désiré Michel - Cimentier |
Auteur de la façade (1860). |
| Jean-François Barthès - Fondateur des Sœurs de Notre-Dame |
Décédé dans l’église en 1861. |
| Henri Condamin - Architecte |
Conçoit le buffet d’orgue (1865). |
Origine et histoire
L'église de la Mission de France, située au 44 rue du Tapis-Vert dans le 1er arrondissement de Marseille, est construite entre 1648 et 1673 par les prêtres de la Mission (Lazaristes), congrégation fondée par Saint Vincent de Paul. Ces religieux s’installent dans le quartier de l’arsenal des galères, sur un terrain délimité par les rues actuelles du Tapis-Vert, Thubaneau, de la Mission de France et Longue-des-Capucins. Le projet s’inscrit dans l’expansion urbaine de Marseille sous Louis XIV, marquée par la construction de nouveaux remparts dirigés par l’ingénieur Nicolas Arnoul. L’église, modeste à l’origine, devient un lieu central pour la congrégation.
À la Révolution, l’église est confisquée comme bien national en 1791. Elle est louée aux protestants de 1791 à 1794, devenant leur premier temple officiel à Marseille grâce à l’édit de tolérance de 1787. En 1795, les bâtiments conventuels sont vendus, mais l’église est préservée. Ce changement reflète les bouleversements religieux de la période, où les cultes non catholiques obtiennent une reconnaissance légale éphémère.
En 1839, l’évêque Eugène de Mazenod confie l’église aux Jésuites, qui entreprennent une reconstruction majeure entre 1841 et 1865. La façade actuelle, réalisée en 1860 par le cimentier Désiré Michel, marque cette transformation. En 1861, la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion y trouve son origine avec la mort de son fondateur, Jean-François Barthès, dans une chambre attitrée. L’orgue, installé par la maison Puget de Toulouse en 1865, complète cet héritage artistique.
Au XXe siècle, les lois anticongrégationnistes de la IIIe République expulsent les Jésuites en 1901. L’église, propriété municipale, est désaffectée et sert successivement de salle de concert, d’école de maçonnerie, puis d’entrepôt scolaire jusqu’en 1979. Ce déclin illustre la sécularisation progressive des biens religieux en France.
En 1984, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X récupère l’église, la rendant au culte et la consacrant à saint Pie X. L’orgue, restauré et modifié à plusieurs reprises (notamment en 1991 et 2006), devient un élément central de la vie paroissiale. Le mobilier, comme l’autel issu de l’ancienne église Saint-Martin (détruite en 1887) ou la chaire de 2020, témoigne de son évolution continue.
Classée monument historique depuis 1965, l’église incarne aujourd’hui un patrimoine à la fois religieux, architectural et musical. Son histoire, marquée par des changements de cultes, des reconstructions et des réaffectations, reflète les mutations sociales et politiques de Marseille du XVIIe au XXIe siècle.