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Église de la Sainte-Trinité à Paris

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Eglise de style classique

Église de la Sainte-Trinité à Paris

    Rue Morlot
    75009 Paris

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1852
Première chapelle en bois
1861-1867
Construction de l’église actuelle
1869
Installation des grandes orgues
1913
Consécration de la paroisse
1977
Inscription aux monuments historiques
2016
Classement définitif
2019
Découverte des horloges jumelles
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Théodore Ballu - Architecte Concepteur de l’église en style néo-Renaissance (1861-1867).
Baron Haussmann - Préfet de Paris Commanditaire du transfert dans le cadre des transformations urbaines.
Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues Créateur des grandes orgues en 1869, restaurées après 1871.
Olivier Messiaen - Organiste titulaire Y composa pendant 61 ans (1931-1992).
Alexandre Guilmant - Organiste et compositeur Titulaire de 1872 à 1901, créa ses œuvres sur cet orgue.
Jean-Marie Lustiger - Cardinal-archevêque de Paris Confia la paroisse à la Communauté de l’Emmanuel en 1986.
Eugène Guillaume - Sculpteur Auteur de statues de la façade (Augustin, Grégoire de Naziance).
Félix-Joseph Barrias - Peintre Réalisateur des peintures de la chapelle sainte Geneviève.

Origine et histoire

L’église de la Sainte-Trinité de Paris fut initialement édifiée en 1852 sous forme d’une chapelle en bois polychrome rue de Clichy, sur l’emplacement de l’ancien Tivoli. En 1861, dans le cadre des transformations haussmanniennes de Paris sous Napoléon III, sa reconstruction en pierre fut décidée à son emplacement actuel, place d’Estienne-d’Orves. L’architecte Théodore Ballu conçut un édifice imposant (90 m de long, 65 m de clocher) pour marquer la perspective de la rue de la Chaussée-d’Antin, tout en l’élevant pour épouser la pente de la butte Montmartre. Coûtant 3,2 millions de francs, l’église fut achevée en 1867 et devint un symbole du Paris impérial.

L’intérieur, richement décoré dans un style académique prisé par Napoléon III, comprend un chœur surélevé flanqué de colonnes symbolisant les Dix Commandements, des peintures murales représentant les Pères de l’Église, et un balcon impérial jamais utilisé. Les chapelles latérales, dédiées à des saints comme Vincent de Paul ou Geneviève, abritent des œuvres de peintres renommés (Barrias, Lecomte du Nouÿ, Laugée). L’orgue, construit par Cavaillé-Coll en 1869 et restauré après la Commune, fut joué par des titulaires illustres comme Alexandre Guilmant et Olivier Messiaen, ce dernier y officia 61 ans.

Classée monument historique en 2016 (après une première inscription en 1977), l’église est liée à des événements marquants : obsèques de Berlioz, Rossini et Bizet, ou la découverte en 2019 que ses horloges, œuvrées par Collin-Wagner en 1867, partageaient le même mécanisme que celle de Notre-Dame, détruite lors de l’incendie. La paroisse, confiée en 1986 à la Communauté de l’Emmanuel par le cardinal Lustiger, reste un lieu de culte actif et un témoignage de l’architecture religieuse du Second Empire.

L’extérieur, de style éclectique néo-Renaissance inspiré de la Renaissance italienne, présente une façade ornée de statues des Pères de l’Église (Grégoire, Augustin, Thomas d’Aquin) et des vertus théologales. Le square adjacent, dessiné par Alphand, reprend le symbolisme trinitaire avec trois fontaines à triple vasque. L’église servit de modèle à d’autres édifices, comme Saint-Martin d’Hayange (1884) ou Saint-Jean-Baptiste de Québec (1883), illustrant son influence architecturale.

Les vitraux de l’abside, commandés à Oudinot, Nicod et Leloir en 1864, narrent la vie de la Vierge, tandis que les fresques et peintures murales (Delaunay, Jobbé-Duval) mêlent scènes bibliques et allégories. Les sculptures, signées Dubios, Moreau ou Gumery, complètent ce décor foisonnant. L’accès à certaines chapelles, réservées aux balcons du chœur, reste interdit au public, préservant des fresques méconnues.

Aujourd’hui, l’église de la Sainte-Trinité, accessible depuis la gare Saint-Lazare ou le métro Trinité - d’Estienne d’Orves, reste un lieu de patrimoine vivant. Ses horloges, ses orgues historiques et son architecture en font un monument clé du 9e arrondissement, à la fois témoin de l’urbanisme haussmannien et lieu de mémoire pour des figures musicales et religieuses majeures.

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