Origine et histoire de l'Église de la Sainte-Trinité
L'église de la Sainte‑Trinité est une église catholique paroissiale située à Choisy‑au‑Bac, dans l'Oise, au nord‑est de Compiègne, dans la basse‑vallée de l'Aisne près de la forêt de Laigue, à la limite sud‑est du village, rue de l'Aigle, face à la mairie. Son plan est cruciforme : une nef de trois travées accompagnée de bas‑côtés, un transept non débordant dont la croisée porte un clocher en bâtière, une abside à pans coupés et deux absidioles voûtées en cul‑de‑four. La construction a commencé au début du XIIe siècle par une nef romane ; après le milieu du XIIe siècle furent réalisés le transept, ses absidioles et la façade, qui hésitent entre roman et gothique, puis l'abside et le clocher, clairement gothiques, s'achèvent au début du XIIIe siècle. La présence d'éléments archaïsants — absence de colonnettes à chapiteaux dans la nef et le transept, voûtement en cul‑de‑four des absidioles, ou absence de certains contreforts — rend délicate la lecture des campagnes de construction. Une restauration importante au XIXe siècle, menée entre 1853 et 1885 avec des interventions notables en 1878, a effacé des indices anciens et donné à l'extérieur un aspect largement néo‑gothique parfois réinventé par l'architecte. L'élément le plus authentique et le plus original est sans doute le clocher : silhouette puissante, bâtière perpendiculaire à l'axe et, sur les faces nord et sud, trois baies par niveau de beffroi, particularité rare dans la région. Le clocher combine des caractères du XIIe et du XIIIe siècle, avec une corniche beauvaisine, des trumeaux minces et des baies subdivisées par une colonnette centrale. L'orientation de l'église est légèrement décalée vers le sud ; la façade ouvre sur un parvis utilisé comme parking, le chevet est surtout visible depuis le sud et le reste de l'édifice est en grande partie enclavé par des propriétés privées. À l'intérieur, la nef présente un profil austère : grandes arcades en plein cintre sans colonnettes ni chapiteaux, surmontées de fenêtres hautes en plein cintre fortement ébrasées. Les voûtes d'ogives de la nef, au profil prismatique et aux clés armoriées, résultent de réaménagements postérieurs attribués stylistiquement au milieu du XVIe siècle, tandis que les bas‑côtés et certaines voûtes relèvent d'une campagne néo‑gothique du XIXe siècle. Le transept conserve des arcades en tiers‑point et des voûtes d'ogives qui semblent appartenir à la première période gothique ou à des reprises liées à la construction du clocher ; ces voûtes sont en grande partie dépourvues de colonnettes à chapiteaux. L'abside centrale, de facture nettement gothique, se distingue par des colonnettes à chapiteaux sculptés et une clé de voûte feuillagée conforme au début du XIIIe siècle, tandis que les absidioles conservent un voûtement en cul‑de‑four typiquement roman. À l'extérieur, la façade occidentale, fortement remaniée au XIXe siècle, mêle éléments authentiques et restitutions néo‑gothiques ; certaines dispositions anciennes ont été restituées ou réinterprétées lors des campagnes de restauration. Les élévations latérales montrent des contreforts plats correspondant aux dosserets intérieurs, des arcs‑boutants dissimulés sous les toits des bas‑côtés et une corniche à modillons, tandis que les parties hautes des murs orientaux ont été largement réappareillées à la fin du XIXe siècle. L'édifice, bâti en pierre de taille, associe caractéristiques romanes et gothiques, avec d'importantes interventions néo‑gothiques qui ont modifié son aspect. L'église de la Sainte‑Trinité est classée monument historique par arrêté du 5 février 1920 et dépend aujourd'hui de la paroisse des Seize Bienheureuses Carmélites de Compiègne ; les messes dominicales y sont célébrées le dimanche à 9 h 30. Le mobilier compte de nombreux éléments protégés : figurent notamment une statue polychrome dite Trône de Grâce (XVIe siècle), des fonts baptismaux du XVIe siècle, des éléments de poutre de gloire, plusieurs retables, autels, statues et tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que des lustres du XIXe siècle ; au total quatorze éléments ou ensembles du mobilier sont inscrits ou classés au titre des monuments historiques.