Frise chronologique
Fin XIIe siècle
Début de la construction
Début de la construction
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Chœur et crypte édifiés en premier.
XIIIe siècle
Ajout des chapelles latérales
Ajout des chapelles latérales
XIIIe siècle (≈ 1350)
Formation d’un faux-transept asymétrique.
1400 (environ)
Démilitarisation
Démilitarisation
1400 (environ) (≈ 1400)
Intervention de Jean IV de Bretagne.
XIVe siècle
Fortification par Olivier de Clisson
Fortification par Olivier de Clisson
XIVe siècle (≈ 1450)
Guerre de Succession de Bretagne.
XVe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XVe siècle (≈ 1550)
Style gothique flamboyant.
1660
Commande du retable baroque
Commande du retable baroque
1660 (≈ 1660)
Par le comte Pierre de Laval.
1809
Rénovation de la crypte
Rénovation de la crypte
1809 (≈ 1809)
Modifications majeures.
25 août 1909
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
25 août 1909 (≈ 1909)
Protection officielle.
Années 1990
Restauration
Restauration
Années 1990 (≈ 1990)
Travaux de conservation.
15 février 2025
Fermeture pour sécurité
Fermeture pour sécurité
15 février 2025 (≈ 2025)
Décision municipale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Brelevenez (cad. 478) : classement par arrêté du 25 août 1909
Personnages clés
| Olivier V de Clisson - Connétable de France |
Fortifie l’église au XIVe siècle. |
| Jean IV de Bretagne - Duc de Bretagne |
Obtient sa démilitarisation. |
| Pierre de Laval - Comte de Lannion |
Commanditaire du retable de 1660. |
| Thomas de Kérimel - Seigneur local |
Armoiries sur les clefs de voûte. |
| Olivier Martinet - Sculpteur lavallois |
Auteur du retable baroque. |
Origine et histoire
L’église de la Trinité de Brélévenez, située à Lannion dans les Côtes-d’Armor, est un édifice emblématique de la transition entre l’art roman et l’art gothique. Construite à partir de la fin du XIIe siècle sur des substructions du XIe siècle, elle se dresse sur la colline du Crec'h Tanet, accessible par un escalier de 140 marches. Son histoire reste partiellement énigmatique, faute d’archives précises, mais son architecture suggère une origine monacale, peut-être liée aux Trinitaires, aux Templiers, ou à l’Ordre de Montjoie, comme le laissent supposer des pierres tombales gravées de croix de Malte et d’épées.
Au XIIIe siècle, deux chapelles latérales formant un faux-transept sont ajoutées, tandis qu’au XIVe siècle, l’église est fortifiée par Olivier V de Clisson pendant la Guerre de Succession de Bretagne. Jean IV, duc de Bretagne, intervient pour sa démilitarisation, entraînant la reprise des murs de la nef et des voûtes des bas-côtés. Le clocher, édifié au XVe siècle, couronne l’ensemble. Le chœur est remanié au XVIIe siècle pour accueillir un retable baroque commandé par le comte Pierre de Laval, et l’église devient paroissiale au XVIIIe siècle, remplaçant celle du Rusquet.
Classée monument historique en 1909, l’église allie des matériaux hétérogènes : granit rose pour les parties romanes (comme le chevet orné de contreforts à colonnes engagées) et schiste vert pour les ajouts ultérieurs. Son intérieur impressionne par une nef de 11 travées, un déambulatoire à chapelle axiale, et des retables baroques, dont un imposant retable de 1660 en tuffeau et marbre noir. La crypte, remaniée en 1809, abrite une Mise au Tombeau polychrome du XVIIIe siècle. Après des restaurations dans les années 1990, l’église sera fermée en 2025 pour raisons de sécurité.
L’extérieur se distingue par son porche sud roman, son clocher-porche du XVe siècle surmonté d’une flèche octogonale, et la tour Plomb, vestige des fortifications du XIVe siècle. À l’intérieur, les voûtes des bas-côtés, reprises à la fin du XIVe siècle, portent les armoiries de familles locales comme les Kérimel ou les Trogoff. Le mobilier inclut également des fonts baptismaux du XVe siècle, une chaire du XVIIIe siècle, et un buffet d’orgue de 1862, restauré en 1980.
L’église illustre l’ambition de ses commanditaires anonymes, son rôle défensif pendant les conflits bretons, et son évolution en centre paroissial. Son plan en croix latine, son déambulatoire voûté (réservé aux édifices prestigieux), et son mélange de styles en font un témoin majeur du patrimoine religieux breton. La tradition locale évoque aussi un lien avec les Templiers, bien que cette hypothèse reste débattue en l’absence de preuves archivistiques.