Frise chronologique
1246
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
1246 (≈ 1246)
Création après l’abandon du village de Géni.
XVe–XVIe siècles
Reconstruction post-Guerre de Cent Ans
Reconstruction post-Guerre de Cent Ans
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Première campagne de construction (abside et dernière travée).
1685
Achèvement des voûtes
Achèvement des voûtes
1685 (≈ 1685)
Date gravée sur la première voûte de la nef.
Fin XVIe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Style Renaissance inspiré de Senlis.
1818
Refonte du portail
Refonte du portail
1818 (≈ 1818)
Portail occidental refait par M. Doutreleau.
22 août 1949
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
22 août 1949 (≈ 1949)
Protection de l’édifice par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 22 août 1949
Personnages clés
| Guy III Le Bouteiller de Senlis - Seigneur médiéval |
Donne le hameau à la cathédrale de Senlis en 1187. |
| Pierre l’Hermite - Archidiacre de Soissons |
Frère de Guy III, cité dans une messe annuelle. |
| Eugène Müller - Historien local (XIXe siècle) |
Auteur d’une description critique de l’église. |
| Dominique Vermand - Spécialiste du patrimoine |
Analyse l’architecture gothique tardive de l’édifice. |
| Mario Salvador de Maella - Peintre espagnol (XVIIIe–XIXe siècles) |
Auteur de deux tableaux classés MH. |
| Président de Brion - Seigneur de La Chapelle |
Litre funéraire conservée dans l’église. |
Origine et histoire
L’église de la Trinité de La Chapelle-en-Serval, érigée au XVIe siècle, remplace un édifice antérieur lié à l’ancienne paroisse de Géni, disparue pendant la Guerre de Cent Ans. La première campagne de construction (première moitié du XVIe siècle) concerne uniquement l’abside et la dernière travée, tandis que la nef de l’église précédente continue d’être utilisée. Le reste de l’édifice est achevé ultérieurement, dans un style gothique flamboyant sobre et répétitif, caractéristique des reconstructions rurales de l’époque. Le clocher, inspiré de celui de l’église Saint-Pierre de Senlis, date de la fin de la Renaissance, et le portail est refait en 1818.
La paroisse de La Chapelle-en-Serval est fondée en 1246, après l’abandon du village de Géni, dont les revenus sont rattachés à Orry-la-Ville. L’église actuelle, bien que jugée d’un « intérêt archéologique et artistique à peu près nul » par Eugène Müller, illustre l’architecture gothique tardive des campagnes, marquée par des voûtes simples, des piliers monocylindriques et l’absence de décoration élaborée. L’abside, dépourvue de partie droite, présente un chevet à trois pans aux fenêtres étroites, tandis que les bas-côtés abritent des clés de voûte ornées de motifs Renaissance ou d’écussons vides.
Classée aux monuments historiques en 1949, l’église abrite un mobilier remarquable, dont une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle classée en 1912 et deux tableaux de Mario Salvador de Maella, directeur de l’académie royale des beaux-arts de Madrid. Aujourd’hui rattachée à la paroisse du Saint-Esprit du Serval, elle accueille des messes environ une fois par mois, en alternance avec les villages voisins. Son clocher, réplique simplifiée de celui de Senlis, domine un édifice entouré de son ancien cimetière, transformé en pelouse.
Le site conserve des traces de son histoire médiévale, comme la litre funéraire du président de Brion, seigneur local, ou des plaques de fondation des XVIIe et XVIIIe siècles. L’architecture extérieure, sobre, se distingue par des contreforts verticaux et un appareil de moellons irréguliers, tandis que l’intérieur, faiblement éclairé, reflète les contraintes économiques et techniques des paroisses rurales après les destructions de la Guerre de Cent Ans.
L’église de la Trinité incarne ainsi le patrimoine modeste mais représentatif des Hauts-de-France, témoignant des reconstructions post-conflits et de la vie religieuse locale à travers les siècles. Son inscription aux monuments historiques souligne sa valeur documentaire, malgré son manque d’ornementation exceptionnelle.