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Eglise de la Trinité à Paris 1er dans Paris

Eglise de la Trinité

    1 Rue de la Trinité
    75009 Paris 9e Arrondissement
Propriété de la commune
Eglise de la Trinité
Eglise de la Trinité
Eglise de la Trinité
Eglise de la Trinité
Eglise de la Trinité
Eglise de la Trinité
Eglise de la Trinité
Crédit photo : Benchaum - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1852
Construction première église en bois
1861-1867
Construction actuelle
1867
Achèvement et inauguration
1869
Installation de l’orgue Cavaillé-Coll
1913
Consécration de la paroisse
1977
Inscription Monument Historique
1986
Confiance à la Communauté de l’Emmanuel
8 janvier 2016
Classement Monument Historique
mai 2019
Découverte des horloges jumeaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'église en totalité, avec ses rampes d'accès et le square d'Estienne-d'Orves qui lui est lié (cad. AK 01 32, 37) : classement par arrêté du 8 janvier 2016

Personnages clés

Théodore Ballu - Architecte Concepteur de l’église.
Baron Haussmann - Préfet de Paris Commanditaire du transfert.
Napoléon III - Empereur Initiateur des transformations.
Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues Créateur de l’orgue en 1869.
Alexandre Guilmant - Organiste titulaire Compositeur lié à l’orgue.
Olivier Messiaen - Organiste titulaire (1931-1992) 61 ans de titulariat.
Jean-Marie Lustiger - Archevêque de Paris Confia la paroisse en 1986.
Famille de Wendel - Paroissiens notables Inspira l’église d’Hayange.
Adolphe Alphand - Paysagiste Auteur du square.

Origine et histoire

L’église de la Sainte-Trinité de Paris, située place d’Estienne-d’Orves dans le 9e arrondissement, est un édifice catholique romain érigé entre 1861 et 1867 sous le Second Empire. Conçue par l’architecte Théodore Ballu, elle remplace une première église en bois construite en 1852 rue de Clichy, déplacée dans le cadre des transformations haussmanniennes. Implantée en surélévation pour épouser la pente de la butte Montmartre, elle marque l’aboutissement de la perspective ouverte par la rue de la Chaussée-d’Antin. Son coût modeste (3,2 millions de francs) contraste avec son apparence luxueuse, avec une façade néo-Renaissance inspirée de la Renaissance italienne, des statues symbolisant les vertus théologales et cardinales, et un clocher de 65 mètres.

L’intérieur de l’église impressionne par ses dimensions (90 m de long, 34 m de large) et ses décors académique, prisé par Napoléon III. Le chœur, surélevé et flanqué de dix colonnes représentant les Dix Commandements, abrite un maître-autel somptueux. Les murs sont ornés de peintures imitant la mosaïque, tandis que les vitraux et fresques enrichissent les chapelles latérales. Un balcon, initialement réservé à l’empereur pour les cérémonies, offre une vue optimale sur la nef. L’orgue, construit par Aristide Cavaillé-Coll en 1869 et reconstruit après la Commune de Paris, fut joué par des musiciens renommés comme Alexandre Guilmant et Olivier Messiaen, ce dernier en étant le titulaire pendant 61 ans.

L’église a accueilli les obsèques de figures musicales majeures, dont Gioachino Rossini, Hector Berlioz et Georges Bizet. Elle a aussi inspiré la reconstruction de l’église Saint-Martin d’Hayange par la famille de Wendel, ainsi que celle de Saint-Jean-Baptiste de Québec. Consacrée en 1913, la paroisse fut la première de France confiée à la Communauté de l’Emmanuel en 1986 par l’archevêque Jean-Marie Lustiger. Classée monument historique en 2016 (après une inscription en 1977), elle abrite depuis 2019 un mécanisme d’horloge jumeau de celui de Notre-Dame, détruit lors de l’incendie de 2019, offrant une piste pour sa restauration.

Le square Estienne-d’Orves, dessiné par Adolphe Alphand, précède l’église et renforce sa monumentalité. Il est orné de trois fontaines à triple vasque, symbolisant les vertus théologales (Foi, Charité, Espérance), et de statues illustrant le mystère de la Trinité. La façade, riche en niches et frontons, évoque Saint-Jean de Latran, tandis que le clocher, inspiré de la Renaissance française, est entouré des symboles des quatre Évangélistes. L’édifice, conçu pour être visible depuis l’Opéra de Paris, incarne l’ambition urbanistique et religieuse du Second Empire.

En mai 2019, la découverte que les horloges de la Trinité partagent le même mécanisme que celle de Notre-Dame (toutes deux construites en 1867 par les ateliers Collin-Wagner) a révélé un lien technique inattendu. Ce mécanisme, plus petit mais identique, pourrait servir de référence pour reconstituer l’horloge détruite. L’église, propriété de la commune de Paris, reste un témoignage majeur de l’architecture religieuse du XIXe siècle, mêlant innovation technique, symbolisme théologique et héritage artistique.

Liens externes