Frise chronologique
1432-1440
Construction initiale
Construction initiale
1432-1440 (≈ 1436)
Chapelle édifiée sous vocable marial.
2 juin 1836
Tempête destructrice
Tempête destructrice
2 juin 1836 (≈ 1836)
Flèche et partie haute du clocher endommagées.
1840
Classement MH
Classement MH
1840 (≈ 1840)
Parmi les 5 premiers monuments finistériens protégés.
1875-1881
Reconstruction totale
Reconstruction totale
1875-1881 (≈ 1878)
Sur plans originaux, clocher restauré par Le Naour.
1916
Pardon de Pentecôte
Pardon de Pentecôte
1916 (≈ 1916)
25 000 pèlerins présents.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Lambader (cad. F 686) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Patern - Évêque de Vannes (Ve siècle) |
Origine supposée du toponyme *Lambader*. |
| Jean-Louis Le Naour - Entrepreneur quimperois |
Reconstruit le clocher en 1881. |
| Denis Derrien - Sculpteur (XIXe siècle) |
Restaura le jubé en 1877. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Lambader, située dans le hameau éponyme à Plouvorn (Finistère), fut construite entre 1432 et 1440 sous le vocable de la Vierge Marie. Son nom proviendrait d’une déformation de saint Patern, évêque de Vannes au Ve siècle. Le site était à l’origine une commanderie templière, avant de devenir un prieuré de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ce passé hospitalier et militaire explique son importance locale, bien que les sources médiévales directes manquent pour préciser son rôle exact avant le XVe siècle.
Classée Monument Historique dès 1840 parmi les cinq édifices religieux du Finistère jugés prioritaires pour une restauration, la chapelle était alors en péril. Son clocher-porche de 58 mètres, emblématique de l’architecture léonarde, s’inscrit dans une rivalité régionale pour ériger les clochers les plus hauts. Celui de Lambader, initialement étayé par des bâtiments adjacents (un arc triomphal et la maison du Gouverneur), fut gravement endommagé par une tempête en 1836. La flèche et la partie supérieure durent être démontées entre 1837 et 1841, avant une reconstruction complète du clocher à partir de 1881 par l’entrepreneur Jean-Louis Le Naour.
L’édifice actuel, reconstruit entre 1875 et 1881 sur les plans originaux, conserve des éléments gothiques flamboyants, comme son jubé en chêne du début du XVIe siècle, orné de motifs pré-Renaissance (vases, rinceaux). Ce jubé, comparable à celui de la chapelle de Kerfons (Ploubezre), fut restauré en 1877 par le sculpteur Denis Derrien, qui y ajouta des statues. La chapelle, lieu de pèlerinage marial, attirait encore 25 000 fidèles lors du pardon de Pentecôte en 1916, témoignant de son ancrage spirituel et culturel en Basse-Bretagne.
Architecturalement, Lambader se distingue par son plan basilical sans transept, ses piliers octogonaux, et son mur-bahut supportant un lambris en berceau brisé. La maîtrise-vitre du chevet, unique source de lumière directe pour la nef, crée une atmosphère d’église à nef obscure, typique de certaines constructions bretonnes. Les vitraux et la statuaire, bien que restaurés, reflètent cette dualité entre héritage médiéval et interventions du XIXe siècle.
Le site comprend aussi une fontaine de dévotion ornée d’une Pietà, située en contrebas du chevet, et un calvaire dans le placître arboré. Ces éléments, associés à la chapelle, forment un ensemble cohérent de dévotion mariale, encore vivant aujourd’hui. Les restaurations successives, bien que controversées pour leur ampleur, ont permis de sauver un monument majeur du patrimoine religieux finistérien.