Frise chronologique
1096
Première mention écrite
Première mention écrite
1096 (≈ 1096)
Citée dans les chartes du Forez.
1140
Fondation de la maladrerie
Fondation de la maladrerie
1140 (≈ 1140)
Administrée par l'Hôtel-Dieu de Montbrison.
1223
Don du comté de Moingt
Don du comté de Moingt
1223 (≈ 1223)
Guy IV cède Moingt au chapitre de Montbrison.
XIIe siècle
Construction de la chambre des cloches
Construction de la chambre des cloches
XIIe siècle (≈ 1250)
Dernier niveau du clocher roman.
1562
Dommages par les protestants
Dommages par les protestants
1562 (≈ 1562)
Abandon temporaire de l'église.
1842-1845
Transformations majeures au XIXe siècle
Transformations majeures au XIXe siècle
1842-1845 (≈ 1844)
Nouvelle façade, voûtes et coupole.
29 décembre 1949
Classement monument historique
Classement monument historique
29 décembre 1949 (≈ 1949)
Inscription officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Moingt : inscription par arrêté du 29 décembre 1949
Personnages clés
| Guy IV - Comte de Forez |
Donne Moingt au chapitre de Montbrison en 1223. |
| Durand de la Roche - Curé de Moingt |
Échange des redevances en 1327. |
| Etienne Trabucco - Architecte départemental |
Dirige les travaux du XIXe siècle. |
| André Croza - Maître plâtrier |
Reconstruit la façade en 1845. |
Origine et histoire
L'église Saint-Julien d'Antioche, mentionnée dès 1096 dans les chartes du Forez, trouve ses origines dans une église mérovingienne dotée d'un porche, suivie d'une reconstruction carolingienne avec une abside semi-circulaire. Au XIe siècle, elle devient un édifice roman caractérisé par une nef unique, un clocher barlong, et une abside flanquée d'absidioles. La chambre des cloches, datée du XIIe siècle, est un élément architectural marquant de cette période.
Au XVIe siècle, l'église subit des transformations majeures : les absidioles sont remplacées par une chapelle latérale, et en 1562, elle est gravement endommagée par les protestants, entraînant l'abandon de sa restauration au profit de l'église Saint-Jean-Baptiste voisine. Les modifications se poursuivent au XIXe siècle avec la reconstruction de la façade en 1845, l'ajout d'une voûte en berceau plein-cintre, et le rehaussement du sol de près d'un mètre. Une coupole en brique est également érigée en 1842.
L'église est construite sur le site de l'ancienne cité gallo-romaine d'Aquae Segetae, connue pour ses thermes, son théâtre, et son rôle de station thermale. Moingt, devenue Mondonium au Moyen Âge, était alors un bourg fortifié (castrum mentionné en 1223) et la capitale d'un comté, dotée de plusieurs églises, d'un hôpital, et d'une maladrerie fondée en 1140. Le comté fut cédé en 1223 par Guy IV, comte de Forez, au chapitre de l'église Notre-Dame de Montbrison, qui en conserva la seigneurie jusqu'à la Révolution.
Les fouilles archéologiques de 1990 ont révélé trois états de construction : mérovingien, carolingien, et roman. Le clocher, de plan rectangulaire, présente des baies jumelées et des chapiteaux sculptés d'entrelacs et de motifs végétaux ou animaliers, comparables à ceux de Saint-Romain-le-Puy. Les matériaux utilisés, comme les moellons de granite et les pierres de réemploi, reflètent les techniques de construction médiévales.
Classée monument historique en 1949, l'église Saint-Julien illustre l'évolution architecturale et religieuse de Moingt, ancienne commune associée à Montbrison depuis 1973. Son histoire est étroitement liée à celle du Forez, marqué par les influences gallo-romaines, médiévales, et modernes, ainsi que par les conflits religieux du XVIe siècle.