Frise chronologique
Vers 1100
Ajout du clocher
Ajout du clocher
Vers 1100 (≈ 1100)
Inspiré du clocher de Rhuis.
1120-1135
Construction du chœur voûté
Construction du chœur voûté
1120-1135 (≈ 1128)
Premières voûtes d'ogives de l'Oise.
Vers 1150
Ajout du croisillon nord
Ajout du croisillon nord
Vers 1150 (≈ 1150)
Style gothique primitif sobre.
Seconde moitié du XIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
Seconde moitié du XIe siècle (≈ 1175)
Nef romane en appareil de silex.
1660-1662
Effondrement de l'étage supérieur
Effondrement de l'étage supérieur
1660-1662 (≈ 1661)
Clocher partiellement détruit.
1er avril 1895
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1er avril 1895 (≈ 1895)
Sauvegarde de l'édifice abandonné.
Années 1980-1990
Restauration et réouverture
Restauration et réouverture
Années 1980-1990 (≈ 1985)
Rétablissement du culte sporadique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Noël-Saint-Martin (ancienne) : classement par arrêté du 1er avril 1895
Personnages clés
| Charles II le Chauve - Roi de Francie occidentale |
Arbitre en 872 un conflit épiscopal. |
| Eugène Lefèvre-Pontalis - Archéologue (XIXe siècle) |
Auteur de la première étude scientifique. |
| Abbé Joseph Kuchcinski - Curé et restaurateur (XXe siècle) |
Mène la réhabilitation dans les années 1980. |
| Dominique Vermand - Historien de l'art |
Spécialiste des voûtes romanes de l'Oise. |
Origine et histoire
L'église de Noël-Saint-Martin, située dans le hameau éponyme de Villeneuve-sur-Verberie (Oise), est un édifice d'origine romane dont la nef date de la seconde moitié du XIe siècle. Son clocher, inspiré de celui de Rhuis, fut ajouté peu après, tandis que le chœur voûté d'ogives, construit vers 1120-1135, compte parmi les plus anciens exemples de ce type dans le département. Les chapiteaux à feuilles d'acanthe, d'une qualité exceptionnelle, et les arcs formerets moulurés en font un spécimen architectural rare, lié au prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris par son histoire.
Classée Monument Historique en 1895 après un siècle d'abandon post-révolutionnaire, l'église fut sauvée in extremis par des campagnes de restauration au XXe siècle. Son transept asymétrique, formé d'un croisillon nord gothique primitif (vers 1150) et d'une base de clocher transformée en chapelle sud à la période flamboyante, illustre son évolution architecturale. Les fouilles des années 1970 ont révélé des traces d'un bas-côté nord disparu et confirmé l'absence de bas-côté sud, malgré des arcades bouchées visibles.
L'histoire de la paroisse, rattachée au diocèse de Soissons jusqu'en 1789, est marquée par des conflits médiévaux (comme la dispute de 872 entre les évêques de Beauvais et Soissons) et un déclin démographique précoce. Désaffectée après la Révolution, l'église fut réhabilitée dans les années 1980-1990 grâce à l'action de l'abbé Joseph Kuchcinski et de bénévoles, permettant le rétablissement occasionnel du culte. Son mobilier classé, incluant une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle et des fonts baptismaux du XVIe, complète son intérêt patrimonial.
Le chœur roman, orné de frises extérieures à palmettes et de modillons sculptés, et le croisillon nord, aux chapiteaux historiés, témoignent d'un savoir-faire artistique remarquable. Les campagnes de construction successives — nef (XIe), chœur (1120-1135), croisillon nord (vers 1150), et remaniements flamboyants (XVe-XVIe) — reflètent une adaptation constante aux besoins liturgiques et aux styles dominants. L'édifice, aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-Rieul de Senlis, reste un exemple rare d'architecture romane préservée en Hauts-de-France.
Les restaurations modernes, notamment celles des années 1980, ont permis de stabiliser la structure et de restituer des éléments disparus, comme les vitraux ou le sol dallé. Malgré son isolement géographique (le hameau ne compte plus que quelques maisons), l'église attire l'attention pour ses innovations architecturales, comme les premiers arcs formerets moulurés de la région, et son lien avec les ateliers parisiens via le prieuré Saint-Nicolas-d'Acy, filiale de Saint-Martin-des-Champs.