Frise chronologique
1464
Naissance de sainte Jeanne de France
Naissance de sainte Jeanne de France
1464 (≈ 1464)
Fille de Louis XI, relique conservée dans l’église.
1494
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1494 (≈ 1494)
Début de la construction par Louis de Brézé.
1562
Épisode des guerres de Religion
Épisode des guerres de Religion
1562 (≈ 1562)
Arrestation de protestants après la bataille de Dreux.
XVe-XVIe siècles
Période de construction principale
Période de construction principale
XVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Abside, transepts (XVe), nef inachevée (XVIe).
XVIIe siècle
Ajout de la flèche et grille de chœur
Ajout de la flèche et grille de chœur
XVIIe siècle (≈ 1750)
Achèvement partiel des aménagements intérieurs.
1908
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1908 (≈ 1908)
Protection de l’édifice par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Sulpice (cad. AB 103) : classement par arrêté du 20 juillet 1908
Personnages clés
| Louis de Brézé - Seigneur de Nogent-le-Roi |
Commanditaire de l’église en 1494. |
| Diane de Poitiers - Duchesse de Valentinois |
Épouse de Louis de Brézé, donatrice présumée de vitraux. |
| Sainte Jeanne de France - Fille de Louis XI |
Née au château, relique conservée dans l’église. |
| Charles VII - Roi de France |
Séjourna à Nogent, lié à la famille de Brézé. |
| Philippe VI de Valois - Roi de France |
Mort à Nogent-le-Roi en 1350 (source controversée). |
| Françoise de Brézé - Duchesse de Bouillon |
Fille de Louis de Brézé, cœur enterré dans l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Sulpice de Nogent-le-Roi, classée Monument Historique en 1908, fut édifiée à partir de 1494 sous l’impulsion de Louis de Brézé, seigneur de la ville. Sa construction s’étala sur les XVe et XVIe siècles, mais ne fut jamais achevée : la nef, prévue pour deux travées supplémentaires, manque cruellement, créant une façade déséquilibrée ouvrant directement sur le chœur. L’édifice, accolé au château fort dont il conservait des traces de fortifications, intègre des éléments défensifs comme une galerie de ronde avec mâchicoulis sur le transept sud. À l’intérieur, les vitraux des XVe et XVIe siècles, dont certains attribués à Diane de Poitiers, ainsi qu’une grille de chœur du XVIIIe siècle, enrichissent un décor où les armoiries des familles nobles locales, comme les Bautru, ornent les clés de voûte.
L’histoire de l’église est intimement liée à celle de Nogent-le-Roi, ville stratégique entre Chartres et Dreux, souvent fréquentée par les rois de France. Saint Louis y séjourna, et Philippe VI de Valois y mourut en 1350 selon certaines sources. Au XVIe siècle, la ville, alors possession des Brézé puis des La Marck, devint un enjeu entre catholiques et protestants pendant les guerres de Religion. L’église, témoin de ces conflits, abrite aussi une relique de sainte Jeanne de France, née au château de Nogent en 1464. Les vitraux, représentant des miracles eucharistiques, et le retable du XVIIe siècle reflètent cette période troublée, où Nogent-le-Roi jouait un rôle de place forte et de lieu de pouvoir.
L’édifice conserve des traces de son intégration au système défensif médiéval, comme le chemin de ronde visible sur la porte Est, relié au château aujourd’hui disparu. La flèche octogonale du transept sud, ajoutée plus tardivement, et les chapelles latérales illustrent les évolutions architecturales entre Gothique flamboyant et Renaissance. Les conflits locaux, comme celui opposant en 1503 Louis de Brézé à l’abbé de Coulombs pour des droits seigneuriaux, rappellent les tensions entre pouvoir laïc et religieux. Malgré son inachèvement, l’église reste un symbole du patrimoine nogentais, mêlant histoire nationale, art sacré et mémoire des grandes familles comme les Brézé ou les Bautru, dont les blasons marquent encore les voûtes.