Frise chronologique
547
Christianisation du site
Christianisation du site
547 (≈ 547)
Installation de religieuses par Césaire d’Arles.
973
Rebâtie par Guillaume Iᵉʳ
Rebâtie par Guillaume Iᵉʳ
973 (≈ 973)
Chasse des Sarrasins, reconstruction.
1078
Rattachée à Montmajour
Rattachée à Montmajour
1078 (≈ 1078)
Établissement d’un prieuré bénédictin.
1165–1170
Reconstruction romane
Reconstruction romane
1165–1170 (≈ 1168)
Style gothique naissant, chapelle haute.
1343
Officialisation du pèlerinage
Officialisation du pèlerinage
1343 (≈ 1343)
Fêtes fixées par Benoît XII.
1448
Découverte des reliques
Découverte des reliques
1448 (≈ 1448)
Fouilles du roi René, crypte de Sara.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Protection parmi les premiers MH français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Strabon - Géographe grec |
Cite un temple à Artémis sur le site. |
| Césaire d’Arles - Évêque (VIᵉ s.) |
Christianise le site en 547. |
| Guillaume Iᵉʳ de Provence - Comte (Xᵉ s.) |
Rebâtit l’église après 973. |
| Benoît XII - Pape (XIVᵉ s.) |
Fixera les dates du pèlerinage. |
| Roi René - Roi de Provence (XVᵉ s.) |
Ordonne les fouilles de 1448. |
| Jean-Paul Clébert - Écrivain (XXᵉ s.) |
Analyse les liens païens-chrétiens. |
| Fernand Benoit - Historien (XXᵉ s.) |
Étudie les processions maritimes. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-la-Mer des Saintes-Maries-de-la-Mer est une église fortifiée romane du IXe siècle, construite en Camargue (Bouches-du-Rhône) pendant les invasions vikings et sarrasines. Son architecture mêle défense militaire et culte chrétien, avec un imposant donjon-abside visible à 10 km. Elle remplace un temple antique dédié à Artémis, mentionné par Strabon, puis un oppidum chrétianisé au VIe siècle sous le nom Sancta Maria de Ratis, lié à la légende du débarquement des saintes Maries.
La reconstruction majeure entre 1165 et 1170, sous influence gothique naissante, intégra des éléments défensifs (mâchicoulis, chemin de ronde) et une chapelle haute dédiée à saint Michel pour abriter les reliques. Le site, menacé par les Sarrasins jusqu’au Xe siècle, fut rebâti par Guillaume Ier de Provence en 973, puis rattaché à l’abbaye de Montmajour en 1078. Les fouilles de 1448, ordonnées par le roi René, révélèrent des reliques et une crypte dédiée à Sara la Noire, lieux centraux du pèlerinage actuel.
Le pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer, officialisé en 1343 par le pape Benoît XII, attire les fidèles pour les fêtes des 25 mai et 22 octobre, incluant des processions maritimes. Les reliques, découvertes en 1448 (deux corps et des cippes païens réutilisés), symbolisent la christianisation d’un culte antique aux Tremaie (déeses celtiques). L’église, classée en 1840, conserve des chapiteaux romans majeurs (1160–1165) et un retable du XVIIe siècle, témoignages de son rôle spirituel et défensif.
L’édifice, à nef unique et abside polygonale, servit d’abri aux populations lors des raids barbaresques. Son clocher-mur, doté de cinq cloches, et sa crypte à la statue de Sara la Noire (immergée rituellement depuis 1936) illustrent la fusion des traditions païennes, chrétiennes et gitanes. Les modifications des XIVe–XVe siècles, comme le chemin de ronde, renforcèrent son aspect de forteresse, dominant la ville depuis 15 mètres de haut.
Les fouilles archéologiques ont mis au jour une chapelle rurale antérieure (nef unique, abside semi-circulaire) en pierre calcaire, avec une tour nord et des lions arlésiens réemployés. Le site, protégé par des remparts jusqu’à la Révolution, était un verrou stratégique pour Arles. Aujourd’hui, l’église allie simplicité romane (berceau brisé, arcatures) et symboles médiévaux, comme le puits sous le Christ du XVIIe siècle, rappelant son usage refuge.