Frise chronologique
3 mai 1491
Apparition mariale
Apparition mariale
3 mai 1491 (≈ 1491)
Vierge apparaît à Thierry Schoeré.
1493
Construction de l’église
Construction de l’église
1493 (≈ 1493)
Remplace une chapelle en bois.
1495
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1495 (≈ 1495)
Édifice dédié au culte.
1636
Incendie de l’église
Incendie de l’église
1636 (≈ 1636)
Dégâts majeurs au chœur.
1651
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1651 (≈ 1651)
Par le chanoine Pierre Dulys.
1731
Construction du couvent
Construction du couvent
1731 (≈ 1731)
Pour les antonins, porte datée.
1791
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1791 (≈ 1791)
Culte interrompu jusqu’en 1804.
1891–1893
Rénovation intérieure
Rénovation intérieure
1891–1893 (≈ 1892)
Voûte en bois, mobilier neuf.
1988
Inscription MH
Inscription MH
1988 (≈ 1988)
Protection officielle du monument.
1990–1991
Restauration de l’église
Restauration de l’église
1990–1991 (≈ 1991)
Travaux de conservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, y compris la sacristie, le narthex avec le portail daté 1731 à l'extérieur et l'ancienne entrée du couvent à l'intérieur (cad. 34 19) : inscription par arrêté du 2 novembre 1988
Personnages clés
| Thierry Schoeré - Forgeron d’Orbey |
Témoin de l’apparition mariale en 1491. |
| Pierre Dulys - Chanoine fondateur |
Créa le prieuré en 1651. |
| Pierre Dumas - Maître d’œuvre |
Intervint sur le monument (source Mérimée). |
| Pierre Keller - Architecte |
Associé aux travaux (source Mérimée). |
| Weyh de Colmar - Artisan menuisier |
Renouvela le mobilier en 1891–1893. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-des-Trois-Épis est un édifice gothique construit entre le 4e quart du XVe siècle et le 1er quart du XVIe siècle, sur le territoire d’Ammerschwihr (Haut-Rhin, Grand Est). Elle fait partie d’un ensemble architectural plus vaste, le sanctuaire Notre-Dame-des-Trois-Épis, qui inclut depuis 1968 l’église Notre-Dame-de-l’Annonciation et une communauté de rédemptoristes. Son origine remonte à une apparition mariale survenue le 3 mai 1491 : la Vierge serait apparue au forgeron Thierry Schoeré, tenant trois épis (symbole d’abondance) et un glaçon (menace de châtiment). Une chapelle provisoire en bois, érigée sur le lieu de l’apparition, fut remplacée dès 1493 par l’église actuelle, consacrée en 1495. L’édifice, de style gothique, se distingue par son chevet à cinq pans, sa sacristie voûtée d’ogives et un clocheton à bulbe ajouté aux XVIIe–XVIIIe siècles.
L’histoire du site est marquée par son rôle de pèlerinage et les transformations liées à son occupation religieuse. Dès le XVIe siècle, le lieu comportait une église, une maison d’ermite et une auberge. Après un incendie en 1636, l’église fut restaurée à partir de 1640, mais la voûte du chœur, effondrée, ne fut pas reconstruite. Un prieuré fut fondé en 1651 par le chanoine Pierre Dulys, occupé successivement par des cisterciens (1655), antonins (1661), chevaliers de Malte (1775) et capucins (1779). Le bâtiment conventuel actuel, construit en 1731 pour les antonins, prolonge la nef vers l’ouest. Fermée en 1791 pendant la Révolution, l’église fut rachetée en 1797 par des habitants d’Ammerschwihr pour éviter sa destruction, et le pèlerinage repartit en 1804.
Au XIXe siècle, le site fut desservi par diverses communautés (liguoriens, prêtres diocésains, pères du Précieux-Sang, rédemptoristes). En 1891–1893, des travaux modifièrent l’intérieur : la voûte en bois du chœur et le plafond à caissons de la nef furent installés, tandis que l’arc triomphal gothique fut remplacé par un arc surbaissé. Le mobilier fut renouvelé par Weyh de Colmar. Pendant la Première Guerre mondiale, le couvent servit d’hôpital militaire. Au XXe siècle, le bâtiment fut surélevé (1929, 1940) et endommagé par un incendie en 1952, entraînant une reconstruction partielle. L’église, inscrite aux Monuments Historiques en 1988, fut restaurée en 1990–1991. Aujourd’hui, elle reste un lieu de dévotion et de patrimoine architectural alsacien.
L’édifice présente des caractéristiques gothiques notables : nef plafonnée, choeur à pans coupés avec une fausse voûte d’ogives en bois, et une porte occidentale à moulures entrecroisées. La sacristie, voûtée de deux croisées d’ogives aux clés ornées d’étoiles, est la partie la plus préservée. Le campanile sur le toit et les transformations intérieures (XVIIe–XVIIIe siècles) témoignent de son évolution. À l’extérieur, le chevet à cinq pans et les ouvertures en arc brisé rappellent son origine médiévale. Le site, propriété de la commune, est toujours actif comme lieu de pèlerinage et de vie religieuse, associé à la légende de l’apparition mariale de 1491.
Le sanctuaire des Trois-Épis s’inscrit dans un paysage religieux alsacien marqué par les pèlerinages mariaux. Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux de la région, de la Réforme à la Rvolution française, en passant par les guerres du XVIIe siècle. La préservation du site, malgré les incendies et les changements de communautés, illustre son importance pour les habitants d’Ammerschwihr et les fidèles. Aujourd’hui, il allie patrimoine historique, dévotion mariale et architecture gothique, tout en portant les traces des adaptations successives liées à son usage conventuel et hospitalier.