Frise chronologique
vers 1835
Transformation en presbytère
Transformation en presbytère
vers 1835 (≈ 1835)
Ancienne ferme comtoise rénovée par l'architecte Pompée.
19 juillet 2001
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
19 juillet 2001 (≈ 2001)
Protection du presbytère et de son jardin.
21 mars 2002
Classement du papier peint
Classement du papier peint
21 mars 2002 (≈ 2002)
Protection spécifique de la chambre panoramique.
2015
Ouverture de l'écomusée
Ouverture de l'écomusée
2015 (≈ 2015)
Inauguration de la Maison du Patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le presbytère en totalité, y compris les décors immeubles par destination, et le jardin avec ses édicules et son mur de clôture (cad. B 496) : inscription par arrêté du 19 juillet 2001 - La chambre à l'angle sud de l'étage avec ses papiers peints (cad. B 496) : classement par arrêté du 21 mars 2002
Personnages clés
| Architecte Pompée - Maître d'œuvre |
A restauré le presbytère en 1835. |
| Curé Salomon - Prêtre et médecin local |
Polyvalent (dentiste, vétérinaire), inspiré par l'écomusée. |
| Bernard et Élisabeth Renaud - Fondateurs de l'écomusée |
ont transformé le presbytère (1999-2015). |
| Prince de la maison d'Arenberg - Donateur présumé |
Aura offert le papier peint panoramique. |
Origine et histoire
Le presbytère de Remoray, construit au 2e quart du XIXe siècle (vers 1835) dans le Haut-Doubs, était à l’origine une ferme comtoise traditionnelle transformée pour loger le curé du village. Il illustre l’architecture civile et religieuse des villages jurassiens, où les bâtiments publics (mairie, église, presbytère) structuraient le centre-bourg. Son architecte, Pompée, a respecté les pratiques locales de construction, tout en intégrant des éléments fonctionnels comme une salle de catéchisme ou une cuisine typique des fermes comtoises.
Le presbytère abrite un papier peint panoramique exceptionnel des années 1810-1830, représentant l’histoire de Joseph (fils de Jacob) en huit tableaux. Bien que son fabricant reste non identifié (parfois attribué sans preuve à la manufacture Dufour), ce décor rare mêle des références bibliques, des anachronismes révolutionnaires, et des motifs inspirés de la campagne d’Égypte de Bonaparte. Offert probablement par un prince de la maison d’Arenberg (famille terrienne locale), il témoigne des échanges culturels entre élites et clergé rural au XIXe siècle.
Abandonné puis sauvé par Bernard et Élisabeth Renaud (1999-2015), le presbytère est devenu la Maison du Patrimoine, un écomusée reconstituant la vie du Haut-Doubs au XIXe siècle. Les visiteurs y découvrent des intérieurs meublés (chambres, cuisine, salle de classe), des objets du quotidien, et un jardin de curé (potager, plantes médicinales), reflétant le rôle multifonction du curé Salomon — à la fois prêtre, médecin, et vétérinaire. Le site, inscrit aux Monuments Historiques depuis 2001 (avec classement partiel en 2002), valorise aujourd’hui le patrimoine rural jurassien.
L’église voisine, Sainte-Anne, complète cet ensemble religieux et communautaire. Le presbytère, avec ses quatre étages et ses salles thématiques (agronomie, pharmacopée, expositions), offre un témoignage unique des traditions populaires, de l’artisanat local, et de l’adaptation des bâtiments agricoles en lieux de vie collective. Son jardin, muré et organisé en espaces utilitaires (botanique, légumes), rappelle l’autosuffisance des villages de montagne.
La restauration du papier peint et la création de l’écomusée s’inscrivent dans une dynamique de préservation du patrimoine immatériel du Doubs. Le site met en lumière des savoir-faire disparus (comme les papiers peints narratifs) et des figures locales, à l’image du curé Salomon, incarnant la polyvalence des acteurs ruraux. Aujourd’hui propriété communale, le presbytère reste un lieu de transmission entre mémoire historique et tourisme culturel.