Frise chronologique
fin XIe siècle (vers 1096)
Premier lieu de culte attesté
Premier lieu de culte attesté
fin XIe siècle (vers 1096) (≈ 1195)
Vente de dîmes pour la croisade par les seigneurs.
1222
Destruction du castrum
Destruction du castrum
1222 (≈ 1222)
Par Raimond Bérenger V pendant la reconquête.
milieu XIIIe siècle
Reconstruction du château
Reconstruction du château
milieu XIIIe siècle (≈ 1350)
Par la famille d’Albe de Tarascon.
1382-1387
Soutien à l’Union d’Aix
Soutien à l’Union d’Aix
1382-1387 (≈ 1385)
Conflit successoral pour Jeanne Ire.
1399
Libération du château
Libération du château
1399 (≈ 1399)
Par le maréchal Boucicaut après incendies.
1805
Rattachement à Eyguières
Rattachement à Eyguières
1805 (≈ 1805)
Fin du statut paroissial indépendant.
1926
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1926 (≈ 1926)
Protection de l’église et du castellas.
2022
Restauration via le Loto du patrimoine
Restauration via le Loto du patrimoine
2022 (≈ 2022)
Sécurisation et ouverture au public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Roquemartine (ancienne) : inscription par arrêté du 28 septembre 1926
Personnages clés
| Raimond Bérenger V - Comte de Provence |
Détruit le castrum en 1222. |
| Albe (ou Albeta) de Tarascon - Seigneur fidèle au comte |
Rebâtit le château au XIIIe siècle. |
| Reine Jeanne Ire - Comtesse de Provence |
Symbole des conflits successoraux (1382-1387). |
| Raimond Roger de Beaufort - Vicomte de Turenne |
Prend et incendie le château en 1389. |
| Maréchal Boucicaut - Commandant militaire |
Libère Roquemartine en 1399. |
| Porceleta de Lambesc - Héritière du site |
Apporte Roquemartine en dot au XIIIe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Sauveur de Roquemartine, située en contrebas du castellas du même nom, date principalement du XIVe siècle, bien qu’un lieu de culte soit attesté dès la fin du XIe siècle. Elle se compose d’une nef à deux travées et d’une abside semi-circulaire, avec des murs en moellons et une toiture en dalles. Deux portes cintrées, au nord et au sud, en permettent l’accès. Initialement église paroissiale du bourg de Roquemartine, elle fut rattachée à la commune d’Eyguières en 1805.
Le site de Roquemartine, incluant l’église et le château en ruine, forme un ensemble médiéval perché sur un éperon rocheux dominant la plaine. Le castellas, aussi appelé « château de la Reine Jeanne », fut bâti entre les XIIe et XIIIe siècles par la famille d’Albe (ou d’Aube), après la destruction du premier castrum en 1222 par Raimond Bérenger V. L’église, quant à elle, illustre l’organisation religieuse d’un bourg provençal sous contrôle seigneurial, avant son déclin au XVIIe siècle.
Au XIVe siècle, Roquemartine joue un rôle stratégique pendant la crise successorale de la reine Jeanne Ire. La communauté locale, fidèle à Charles de Duras, résiste longtemps après la reddition d’Aix (1382-1387). Le château, pris et incendié par les Tuchins puis par Raimond Roger de Beaufort en 1389, est finalement libéré en 1399 par le maréchal Boucicaut. Ces événements marquent l’histoire mouvementée du site, avant son abandon progressif au profit d’un nouveau château en plaine au XVIIe siècle.
L’église Saint-Sauveur et les ruines du castellas sont inscrites aux monuments historiques depuis 1926. En 2022, le château bénéficie d’un financement via le Loto du patrimoine pour sa restauration, visant à sécuriser et ouvrir le site au public. Ce projet met en lumière l’importance patrimoniale de Roquemartine, symbole de l’histoire médiévale provençale entre conflits seigneuriaux et vie religieuse.
Les origines de Roquemartine remontent à la fin du XIe siècle, lorsque les seigneurs Raimond, Gérald et Pons cèdent une partie de leurs droits à l’abbaye Saint-Victor de Marseille pour financer leur participation à la première croisade. Au XIIe siècle, le site passe entre les mains de la famille Lambesc par alliance, avant d’être confisqué et reconstruit par les Albe de Tarascon, fidèles du comte de Provence. Ces transformations reflètent les enjeux politiques et militaires de la région à l’époque médiévale.