Frise chronologique
804
Première mention écrite
Première mention écrite
804 (≈ 804)
Citation dans le cartulaire de Saint-Guillem
1122
Attestation de l'église actuelle
Attestation de l'église actuelle
1122 (≈ 1122)
Mentionnée comme *Parrochia S. Andree de Boia*
XIIe siècle
Construction de l'édifice
Construction de l'édifice
XIIe siècle (≈ 1250)
Période de construction romane
21 décembre 1925
Classement monument historique
Classement monument historique
21 décembre 1925 (≈ 1925)
Inscription par arrêté ministériel
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 21 décembre 1925
Personnages clés
| Eugène Thomas - Archiviste |
A corrigé la toponymie *Rohas* en *Bohas* |
Origine et histoire
L’église Saint-André de Saint-André-de-Buèges, située dans la vallée de la Buèges (Hérault, Occitanie), est un édifice roman du XIIe siècle. Son existence est attestée dès 804 sous le nom ecclesia S. Andree dans le cartulaire de Saint-Guillem, bien que le bâtiment actuel date du XIIe siècle, mentionné en 1122 comme Parrochia S. Andree de Boia. Elle s’inscrit dans un ensemble de trois églises romanes remarquables de la vallée, aux côtés de Pégairolles-de-Buèges et Saint-Jean-de-Buèges. Son architecture combine une nef unique, un chevet semi-circulaire de style lombard, et des façades rythmées par des arcatures et pilastres. Le portail occidental, à double ébrasement, se distingue par une frise de dents d’engrenage, tandis que le clocher-mur à deux baies domine la façade.
Classée monument historique depuis le 21 décembre 1925, l’église illustre l’art roman méridional par ses modillons géométriques, ses bandes lombardes, et son appareil irrégulier en pierre de taille. La nef, voûtée en berceau, est éclairée par des baies étroites à claustra, tandis que le chevet, percé d’un oculus, arbore des arcatures groupées par cinq. Les façades latérales, dépourvues d’ornementation superflue, soulignent la sobriété caractéristique des églises rurales romanes. Son histoire reflète aussi les débats toponymiques, comme la correction du nom Rohas en Bohas ou Boias par l’archiviste Eugène Thomas.
L’édifice s’insère dans un paysage marqué par l’isolement géographique : le village, comptant une cinquantaine d’habitants, est niché à 50 km au nord-ouest de Montpellier. La vallée de la Buèges, lieu de passage historique, abrite ainsi un patrimoine religieux cohérent, où Saint-André-de-Buèges dialogue avec les églises voisines par des éléments architecturaux communs, comme les portails à voussures brisées ou les frises à dents d’engrenage. Ces similitudes suggèrent une école locale de bâtisseurs ou des échanges artistiques au XIIe siècle.
La protection de 1925 souligne sa valeur patrimoniale, tandis que sa couverture en tuiles, remplaçant probablement une lauze calcaire originelle, témoigne des adaptations matérielles au fil des siècles. Propriété communale, l’église reste un symbole de la pérennité du culte chrétien dans une région où les villages médiévaux, souvent modestes, ont préservé leur héritage roman malgré les vicissitudes du temps.